Par René DOKOU, le 09 Septembre 2026
(IMPARTIAL ACTU)- Début ce mercredi 9 septembre, des épreuves écrites du concours national d’entrée à l’Institut National de Formation Agricole (INFA) de Tové. Dans les cinq centres répartis sur l’ensemble du territoire, 638 jeunes ont pris place pour composer, portés par l’espoir d’intégrer une filière stratégique pour l’avenir du pays.
Une mobilisation nationale exemplaire
De Lomé à Dapaong, en passant par Kpalimé, Sokodé et Kara, l’épreuve s’est déroulée simultanément, traduisant une volonté clair des autorités : rendre l’accès à la formation agricole équitable et accessible à tous, indépendamment de la région d’origine.
La délégation gouvernementale, conduite par Dindiogue Konlani, directeur de cabinet du ministère de l’Agriculture et représentant également l’Éducation nationale, a tenu à marquer sa présence. Un geste institutionnel fort, destiné à encourager les candidats et à rappeler l’importance de ce rendez-vous pour la jeunesse togolaise.
Des chiffres révélateurs
Parmi les 638 inscrits, 544 garçons et 94 filles. Si la participation féminine reste minoritaire, elle illustre néanmoins une progression encourageante. Les jeunes femmes s’affirment de plus en plus dans un secteur longtemps perçu comme réservé aux hommes. Cette évolution, encore timide, est observée avec attention par les autorités, conscientes que la modernisation agricole ne saurait se passer d’une pleine inclusion des femmes.
Une réforme structurante depuis 2019
L’INFA de Tové n’est plus l’institut qu’il était avant sa refonte de 2019. À l’époque, des pans entiers de la formation manquaient à l’appel : machinisme agricole, agroalimentaire, génie civil appliqué au secteur… autant de disciplines devenues incontournables dans une agriculture moderne. La réforme a comblé ces lacunes. Aujourd’hui, l’institut propose une offre pédagogique complète : agriculture, élevage, agroforesterie, agroalimentaire, génie civil, machinisme agricole et agro-pastoralisme. Une architecture pensée pour répondre aux besoins d’un secteur en pleine mutation et pour former des profils polyvalents.
Un cursus orienté vers l’action
Les lauréats du concours s’engageront dans un cycle de trois ans, articulé autour de trois piliers : cours théoriques, pratique encadrée et stage d’immersion. L’objectif est clair : former des professionnels immédiatement opérationnels. L’institut délivre deux niveaux de diplômes — baccalauréat professionnel et licence professionnelle — permettant aux étudiants de choisir un parcours adapté à leurs ambitions.
Mais l’originalité du dispositif réside dans l’accompagnement entrepreneurial. Chaque diplômé sort avec un plan d’affaires conçu durant sa formation, afin de lui permettre de s’installer directement à son compte. Une approche pragmatique qui vise à transformer les jeunes diplômés en acteurs économiques capables de créer de la valeur, tout en renforçant les services d’appui aux producteurs.
Une réponse à l’enjeu de souveraineté alimentaire
Au-delà de l’événement ponctuel, l’attention portée à l’INFA de Tové s’inscrit dans une stratégie nationale. Le gouvernement place la souveraineté alimentaire au cœur de ses priorités. Former une main-d’œuvre qualifiée, sur l’ensemble des maillons de la chaîne agricole, est une condition sine qua non pour réduire la dépendance aux importations et renforcer la capacité de production nationale.
Chaque promotion issue de l’institut devient ainsi une pièce essentielle du puzzle : des techniciens, des entrepreneurs, des cadres capables de porter l’agriculture togolaise vers plus de productivité et de compétitivité.
Une jeunesse engagée
La forte présence des candidats dans les centres d’examen témoigne d’un engouement réel. La jeunesse togolaise voit dans l’agriculture non plus seulement une activité traditionnelle, mais une filière d’avenir, modernisée et porteuse d’opportunités économiques. Cette dynamique est encouragée par les pouvoirs publics, qui multiplient les initiatives pour rendre le secteur attractif.
Une vision à long terme
L’INFA de Tové incarne une ambition : bâtir une génération de professionnels agricoles capables de relever les défis du XXIᵉ siècle. Dans un contexte marqué par les aléas climatiques, la pression démographique et la nécessité de nourrir une population croissante, l’institut se positionne comme un levier stratégique.
À travers ses réformes, son offre diversifiée et son orientation vers l’entrepreneuriat, il contribue à transformer l’agriculture en moteur économique. Les 638 candidats de cette session ne jouent donc pas seulement leur avenir individuel : ils participent à la construction d’une souveraineté alimentaire nationale.
En somme, le concours d’entrée à l’INFA de Tové dépasse le cadre académique. Il s’agit d’un rendez-vous national où se dessine l’avenir de l’agriculture togolaise. Derrière chaque copie rendue, c’est une ambition collective qui s’écrit : celle d’un pays décidé à former ses propres bâtisseurs de sécurité alimentaire et de développement rural.
















