Par René DOKOU, le 18 Décembre 2025
(IMPARTIAL ACTU)- Le Haut-Commissariat à la Réconciliation et au Renforcement de l’Unité Nationale (HCRRUN) a présenté, jeudi à Lomé, son bilan d’activités pour l’année 2025 ainsi que le rapport couvrant la période 2015-2018. Une étape majeure pour cette institution clé du processus de justice transitionnelle au Togo, marquée par l’indemnisation de 2 838 victimes au cours de l’année écoulée et par la détermination intacte de sa présidente, Awa Nana Daboya, à poursuivre l’œuvre de réparation et de réconciliation nationale.
Selon les données officielles rendues publiques, ces indemnisations s’inscrivent dans la 8ᵉ phase du programme de réparations, couvrant les années 2024 et 2025. Depuis le lancement effectif du mécanisme en 2017, 33 331 victimes ont été indemnisées sur l’ensemble du territoire national, traduisant une montée en puissance progressive et structurée du dispositif mis en place par le HCRRUN.
L’année 2025 a été marquée par l’organisation de cinq sessions d’indemnisation, contre neuf en 2024. Ces opérations se sont déroulées à Guérin-Kouka, Lomé et Sotouboua, illustrant la volonté de l’institution de rapprocher les réparations des bénéficiaires et de garantir un accès équitable aux victimes, quelles que soient leurs localités.
Au-delà des indemnisations financières, le HCRRUN poursuit un travail ciblé en direction des catégories les plus vulnérables. À ce titre, 209 enfants orphelins ont été recensés et enrôlés, dont 183 en 2024 et 26 en 2025, confirmant l’attention particulière accordée aux victimes indirectes des violences passées.
Prenant la parole devant les partenaires institutionnels et les acteurs du processus, la présidente du HCRRUN a salué les résultats obtenus malgré les contraintes. « Le bilan de cette année est particulièrement significatif, car il marque l’achèvement de la huitième année d’exercice effectif de notre institution. Le taux de réalisation de nos activités frôle les 99 % », a déclaré Awa Nana Daboya, soulignant la rigueur et l’engagement des équipes.
Elle a également mis en avant l’évolution qualitative du programme de réparations. Désormais, l’action du HCRRUN ne se limite plus aux réparations individuelles, mais s’étend aux réparations communautaires, collectives et mémorielles, essentielles pour restaurer le lien social et renforcer la cohésion nationale. « À l’orée de la Cinquième République, nous entendons poursuivre et consolider nos actions afin d’honorer les engagements pris envers les victimes et la Nation », a-t-elle insisté.
La rencontre a aussi permis de rappeler le rôle central des huissiers de justice dans le dispositif. Intervenant au nom de la profession, Me André Sama-Botcho a expliqué que leur mission consiste à vérifier l’identité des victimes à partir de documents officiels, garantissant ainsi la transparence et la crédibilité du processus. « En tant qu’officiers ministériels et tiers de confiance, notre présence sécurise les opérations et rassure les bénéficiaires, notamment lorsqu’il s’agit de fonds publics », a-t-il souligné.
À l’horizon 2026, le HCRRUN réaffirme sa volonté de poursuivre sa mission avec constance et responsabilité. Les défis restent importants, notamment en ce qui concerne les réparations mémorielles, la lutte contre l’impunité et la consolidation d’une culture de paix durable. Autant d’objectifs qui, selon l’institution, nécessitent des efforts soutenus de pédagogie, d’éducation et de sensibilisation, avec l’appui de l’ensemble des acteurs nationaux.
Sous l’impulsion d’Awa Nana Daboya, le HCRRUN continue ainsi de s’imposer comme un pilier essentiel du processus de réconciliation, au service des victimes et de l’unité nationale
















