Par René DOKOU, le 05 Janvier 2026
(IMPARTIAL ACTU)- Le commissaire général de l’Office Togolais des Recettes (OTR), Chantal Yawa Tsegan, a lancé vendredi un appel ferme mais pédagogique aux contribuables togolais, les invitant à faire preuve de civisme fiscal. Un message clair, au cœur des priorités de l’État, dans un contexte où la mobilisation des ressources internes demeure un levier essentiel pour financer les politiques publiques de développement économique et social.
S’exprimant devant des acteurs économiques et des partenaires institutionnels, la responsable de l’OTR a rappelé que l’impôt n’est pas une contrainte arbitraire, mais un devoir citoyen. « Le civisme fiscal est la base de la solidarité nationale », a-t-elle souligné, insistant sur le lien direct entre le paiement des impôts et la capacité de l’État à investir dans les infrastructures, l’éducation, la santé ou encore la protection sociale. Sans ressources suffisantes, a-t-elle prévenu, les ambitions de développement restent fragiles.
Créé de la fusion des administrations des douanes et des impôts, l’Office Togolais des Recettes affiche, depuis plusieurs années, des performances en constante progression. Cette évolution s’explique notamment par la modernisation de ses outils de gestion et par une utilisation accrue des technologies de l’information. L’informatisation des procédures, les bases de données croisées et les mécanismes de recoupement ont considérablement renforcé la capacité de l’administration fiscale à identifier les contribuables et à suivre leurs obligations.
Désormais, entreprises comme particuliers éprouvent de plus en plus de difficultés à se soustraire à l’impôt. Les failles se réduisent, les contrôles gagnent en efficacité et la traçabilité des opérations économiques s’améliore. Pour autant, la bataille est loin d’être totalement gagnée. Malgré les progrès enregistrés, la fraude fiscale demeure à un niveau élevé, privant l’État de ressources importantes et créant une inégalité flagrante entre contribuables respectueux de la loi et ceux qui s’y dérobent encore.
Au-delà de la fraude classique, l’un des défis majeurs reste la fiscalisation du secteur informel, qui représente une part significative de l’activité économique nationale. Ce vaste pan de l’économie échappe encore largement à l’impôt. Les tentatives d’intégration progressive de ces acteurs dans le circuit formel se heurtent à de fortes résistances. Les volontaires à une officialisation de leur statut demeurent peu nombreux, souvent par crainte de charges supplémentaires ou par manque d’information sur les avantages liés à la formalisation.
Pour l’OTR, l’enjeu n’est pas seulement répressif. Il s’agit aussi d’un travail de sensibilisation, de pédagogie et de confiance. L’administration fiscale mise sur l’accompagnement, la simplification des démarches et la mise en place de régimes adaptés pour encourager les acteurs du secteur informel à franchir le pas. « La fiscalité doit être perçue comme un outil de développement partagé, et non comme une sanction », a rappelé Chantal Yawa Tsegan.
Si les obstacles restent nombreux, le commissaire général se veut résolument optimiste. Rien n’est perdu, affirme-t-elle. La construction d’un civisme fiscal solide est un travail de long cours, qui exige constance, dialogue et exemplarité. À terme, c’est toute l’économie togolaise qui pourrait en sortir renforcée, au bénéfice de l’État comme des citoyens.
















