Par René DOKOU, le 12 Octobre 2026
(IMPARTIAL ACTU)- Les députés ont autorisé, vendredi 9 octobre 2026, la ratification de la convention créant l’Organisation internationale pour la médiation. Un vote qui inscrit le pays dans la diplomatie de la paix.
Un texte voté en séance plénière
Réunis au palais de l’Assemblée nationale, les parlementaires ont adopté le projet de loi autorisant la ratification de la convention portant création de l’Organisation internationale pour la médiation (IOMed), conclue le 30 mai 2025 à Hong Kong. Le vote est intervenu lors de la deuxième séance plénière de la deuxième session ordinaire de l’année.
Les travaux étaient dirigés par le Professeur Komi Selom Klassou, Président de l’Assemblée nationale. Le gouvernement était représenté par Gilbert Bawara, ministre des Relations avec le Parlement et les Institutions.
Une organisation tournée vers le règlement pacifique des différends
L’IOMed a pour vocation d’encourager et de faciliter la résolution pacifique des litiges internationaux par la médiation. Par ce biais, elle ambitionne de nourrir des relations amicales et une coopération durable entre les États.
Son champ d’intervention est large. Quatre catégories de différends peuvent lui être soumises : les litiges entre États, ceux impliquant des États tiers, ceux opposant un État à un ressortissant d’un autre État, et les contentieux commerciaux internationaux entre parties privées.
Trente-cinq pays figurent parmi ses membres fondateurs. L’Afrique y compte quatre représentants : le Bénin, le Gabon, le Nigéria et le Togo.
Klassou : « un ordre international fondé sur le dialogue »
Dès l’ouverture des travaux, le Président de l’Assemblée nationale a présenté ce projet comme l’expression de la volonté togolaise de peser davantage dans l’édification d’un ordre international reposant sur le dialogue, la coopération, la paix et la résolution pacifique des différends.
Il a rappelé l’engagement de la nation, sous l’impulsion du Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, à faire de la médiation un instrument privilégié pour rechercher des solutions pacifiques, partout où des tensions, voire des conflits, menacent la paix.
Dans son discours de clôture, il a insisté sur l’opportunité de cette adhésion. Le contexte mondial, a-t-il observé, se caractérise par la multiplication des conflits, la montée des tensions et un droit international affaibli au profit des rapports de force.
Des principes de souveraineté réaffirmés
Le Président de l’Assemblée nationale a également souligné que la démarche s’accorde avec la vision du Président du Conseil. Pour ce dernier, la paix, la sécurité, la stabilité et la démocratie participative sont des conditions indispensables au développement durable des nations.
Au-delà de la promotion du règlement pacifique des litiges, il a mis en avant les principes qui gouvernent les relations entre États : la souveraineté, l’intégrité territoriale et la non-ingérence dans les affaires intérieures.
« En autorisant le Togo à ratifier cette convention ayant pour socle la médiation, notre pays conforte sa position de pays de paix et d’ouverture », a-t-il affirmé. Selon lui, cette ratification illustre l’attachement du Togo aux valeurs de paix, de dialogue et d’ouverture.
UNIR : « un vote de principe, de vision et de responsabilité »
Au nom du groupe parlementaire Union pour la République (UNIR), l’honorable Aklesso Atcholi a apporté le soutien de sa formation. Il a estimé que ce scrutin dépasse la simple formalité d’adhésion : à ses yeux, il s’agit d’un vote de principe, de vision et, surtout, de responsabilité.
« Nous faisons le choix de donner une chance à la parole en toutes circonstances. C’est cette conviction qui fonde aujourd’hui notre soutien à l’adhésion du Togo à l’IOMed », a-t-il déclaré. Il a ajouté qu’en rejoignant l’organisation, le pays ne s’intègre pas seulement à un nouveau cadre multilatéral : il réaffirme sa vision de sa place dans le monde, celle d’une nation qui entend, avec ses moyens, rapprocher les peuples, prévenir les conflits et bâtir la paix.
Une expertise togolaise reconnue
L’élu a par ailleurs rendu hommage à l’expérience éprouvée du Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, dans les domaines de la médiation, du dialogue et de la résolution pacifique des différends. Il a rappelé que cette compétence avait conduit l’Union africaine à lui confier, le 12 avril 2025, une mission de médiation dans la crise opposant la République démocratique du Congo (RDC) au Rwanda.
Le gouvernement remercie les élus
Au nom de l’exécutif, Gilbert Bawara a exprimé sa gratitude à la représentation nationale pour l’adoption de cette autorisation de ratification. Il a salué l’adhésion des députés à des valeurs et à des principes fondamentaux auxquels le Togo et les Togolais demeurent profondément attachés.
Avec ce vote, le Parlement ouvre la voie à l’entrée du pays dans une organisation encore jeune, mais dont l’ambition est claire : faire primer le dialogue sur la confrontation.
















