PIHC 2026 : santé, BTP, humanitaire et douane à l’honneur à Lomé

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Par René DOKOU, le 02 Novembre 2026

(IMPARTIAL ACTU)- Le Programme International Honoris Causa (PIHC) a rouvert ses portes ce samedi 31 octobre. La grande salle du CIREL, au Village du Bénin de l’Université de Lomé, a accueilli la cérémonie internationale de graduation honorifique de l’édition 2026. À l’initiative de l’Agence internationale pour les Formations et le Développement (AIFD), des représentants du Togo, du Mali, du Cameroun, de la République démocratique du Congo et de la diaspora africaine de France se sont retrouvés autour d’une idée simple : le mérite n’a pas de frontière et doit être salué là où il s’exerce, même loin des projecteurs.

Un programme relancé après une pause

Cette édition marque le retour d’une initiative dont la première session internationale, tenue en 2021, avait distingué dix lauréats avant une interruption institutionnelle. Pour la relance, les organisateurs ont enregistré près d’une centaine de candidatures, dont soixante-cinq ont été présélectionnées. Ils précisent néanmoins que ces chiffres ne reflètent pas le nombre de personnes finalement graduées, celui-ci dépendant de la décision des universités partenaires.

Le cérémonial a été conduit par le Pr h.c. Solim Bamaze, Président de l’AIFD et Chancelier du PIHC. Il était entouré de l’Hon. Prof. h.c. Molgah Kadjaka-Abougnima, Présidente d’honneur des cérémonies, du Dr h.c. Komi Dovi Koudou, Doyen Lauréat du Conseil supérieur des distinctions honorifiques (CSDH), et de M. Wiyaou Tchindé, Maître des Délibérations.

Les règles du jeu clairement énoncées

Le Chancelier a tenu à lever toute équivoque sur la nature du dispositif. Le PIHC n’est pas une université et ne délivre aucun diplôme. Sa mission consiste à repérer les profils, à examiner les dossiers et à formuler des recommandations. La décision finale revient, en toute souveraineté, à chaque établissement partenaire. Le réseau en compte aujourd’hui cinq actifs, répartis notamment en Amérique et en Europe.

Une distinction honorifique salue un parcours ; elle ne se substitue pas à un diplôme académique et n’ouvre aucun droit à l’exercice d’une profession réglementée. « Notre ambition n’est pas de multiplier les titres, mais de faire émerger des références », a résumé Pr Bamaze.

Quatre trajectoires, quatre univers

La variété des profils récompensés constitue, selon les organisateurs, le principal atout de cette édition. « Cette diversité est une grande richesse pour le PIHC. Elle montre que l’excellence se manifeste dans tous les domaines où des femmes et des hommes apportent des réponses aux besoins de leur société », a souligné le Chancelier.

La médecine de l’enfant. Pédiatre formé à l’allergologie, le Dr Abizou Tchalim a consacré plus de vingt ans à la santé des enfants et des mères, de Kara à Mandouri, puis à Lomé. Il a piloté une enquête sur l’asthme auprès de mille écoliers répartis dans quinze cantons de la Kozah et créé l’ONG Medical Challenges Togo. Il reçoit le titre de Professeur honoris causa en pédiatrie, allergologie et santé de la mère et de l’enfant.

Le bâtiment et la transmission. Entrée dans la vie active comme secrétaire bilingue, Amma Kumahor dirige aujourd’hui l’entreprise de BTP HELSS SA. Sa signature figure sur des marchés couverts, des établissements d’enseignement technique et un stade de 2 000 places à Notsé. Facilitatrice accréditée du programme BRIDGE, elle bénéficie d’une double graduation : Docteur puis Professeur honoris causa, la première saluant ce qu’elle a bâti, la seconde ce qu’elle partage.

L’action humanitaire. Politiste camerounais, Dorian Pekeko Tetang a passé plus d’une décennie auprès des populations déplacées, dans les camps de réfugiés de l’Est et de l’Extrême-Nord du Cameroun, ainsi qu’à la frontière centrafricaine. Il est distingué Professeur honoris causa en droit humanitaire et science politique.

Le transit et l’engagement local. Déclarant en douane et dirigeant d’une société de transit, Kodzo Tata Amegan Kpedzroku forme de jeunes professionnels et préside des clubs de football dans sa communauté. Le titre de Docteur honoris causa en administration des affaires et conseil douanier lui est décerné.

Une instance de décision étoffée

La cérémonie a aussi servi à consolider l’architecture du programme. Les quatre lauréats ont été installés au sein du CSDH, l’organe qui étudie les candidatures et délibère. Abizou Tchalim en devient Gardien de la Charte et des Valeurs, Amma Kumahor Déléguée au Rayonnement et à l’Influence, Dorian Pekeko Tetang Haut Coordonnateur des Distinctions, et Kodzo Tata Amegan Kpedzroku Délégué aux Parcours d’exception.

Dans leur remerciement commun, les récipiendaires se sont engagés à incarner le programme avec crédibilité, rappelant qu’une distinction n’est pas une ligne d’arrivée.

Des passerelles à bâtir

Pour le Chancelier, cette rencontre rapproche des acteurs qui se croisent rarement. Un chef d’entreprise peut soutenir un projet éducatif, un juriste épauler une association, un universitaire mettre son savoir au service des praticiens. « C’est cette complémentarité que nous souhaitons faire vivre au-delà de la cérémonie », a-t-il indiqué.

Il attend de ces itinéraires qu’ils rendent la réussite plus tangible aux yeux de la jeunesse. Pour les lauréats, la reconnaissance s’accompagne d’un devoir moral : partager leur expérience, guider d’autres talents et prolonger leur engagement. « Pour nous, la portée de cette journée se mesurera aussi à ce que les lauréats feront ensuite au bénéfice de leurs communautés », a ajouté Pr Bamaze.

Cap sur l’Afrique entière

La participation de plusieurs nations conforte les organisateurs dans leur ambition continentale. « Notre conviction est que l’Afrique possède, dans chacun de ses pays, des femmes et des hommes dont l’action mérite d’être connue et dont l’expérience mérite d’être transmise », a affirmé le Chancelier.

L’AIFD prévoit d’abord de constituer un réseau d’ambassadeurs du PIHC dans chaque pays, recrutés notamment parmi les lauréats, chargés de détecter des parcours remarquables et de mobiliser des partenaires locaux. L’agence entend aussi resserrer ses liens avec les universités partenaires, les organisations professionnelles et la société civile, puis animer l’ensemble par des rencontres, des formations, du mentorat et des échanges d’expériences. À terme, des cérémonies pourraient se tenir tour à tour dans différents pays africains, selon les partenariats noués et les capacités d’organisation.

Cette expansion, insistent les responsables, ne devra pas sacrifier la rigueur dans l’examen des candidatures ni la clarté des rôles : le PIHC recommande, les universités tranchent. « Nous voulons ainsi construire, étape par étape, un réseau africain de personnalités qui inspirent et qui agissent ».

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