Lutte contre la criminalité financière : la CENTIF mobilise les assureurs togolais

0
414

Par René DOKOU, le 11 Juin 2025

(IMPARTIAL ACTU)-  Le secteur des assurances au Togo renforce sa vigilance face aux menaces croissantes du blanchiment de capitaux et du financement du terrorisme.

À l’initiative de la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF), une session de renforcement de capacités s’est tenue les 10 et 11 juin à Lomé, réunissant compagnies d’assurances, courtiers et autres acteurs du domaine autour d’un enjeu majeur : la protection du système financier national.

Durant ces deux journées d’échanges, les participants ont été sensibilisés aux vulnérabilités spécifiques du secteur de l’assurance, notamment sa forte exposition à la circulation de liquidités et à la complexité de certains produits qui peuvent être détournés à des fins criminelles. Cette rencontre a également permis de rappeler les obligations légales et réglementaires auxquelles sont soumis les acteurs du secteur en matière de lutte contre les flux financiers illicites.

La démarche de la CENTIF s’inscrit dans un contexte international marqué par un renforcement des normes de transparence et de coopération financière. Les autorités togolaises, conscientes des risques encourus par le pays en cas de manquements, entendent placer les assurances au cœur du dispositif national de prévention.

« Le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme constituent des menaces systémiques. Ils compromettent la stabilité financière, minent la confiance des investisseurs et peuvent entraîner des sanctions internationales lourdes », a affirmé Stéphane Akaya, Secrétaire général du ministère de l’Économie et des Finances, en ouvrant les travaux.

L’événement a été l’occasion pour la CENTIF d’exhorter les dirigeants du secteur à développer des mécanismes robustes de détection, de surveillance et de déclaration des transactions suspectes. Son président, Tchaa Bignossi Aquiteme, a insisté sur la nécessité pour les compagnies d’assurances et les intermédiaires de jouer un rôle proactif dans la lutte contre ces pratiques, qui évoluent sans cesse.

« La responsabilité des assureurs est stratégique. Il ne s’agit pas seulement d’une obligation réglementaire, mais d’un engagement pour la sécurité économique du pays », a-t-il déclaré.

En plus des exposés techniques, les travaux ont permis aux participants de partager des retours d’expérience et d’identifier des cas concrets dans lesquels les produits d’assurance ont été utilisés pour dissimuler l’origine de fonds illicites. L’objectif : favoriser une meilleure coopération entre acteurs privés et autorités publiques, dans une logique de transparence et d’efficacité.

Les recommandations issues de la rencontre devraient aboutir à une meilleure intégration des dispositifs de conformité au sein des compagnies d’assurances, ainsi qu’à la création de canaux de communication plus fluides avec les structures de surveillance financière.

À l’heure où les flux financiers deviennent de plus en plus complexes et transnationaux, le renforcement de la résilience des institutions financières togolaises est une priorité stratégique. Le rôle des assureurs, souvent perçus comme un maillon secondaire dans cette lutte, prend aujourd’hui une dimension centrale.

La session s’est clôturée ce mercredi 11 juin sur une note d’engagement et de responsabilité, avec l’espoir que cette mobilisation se traduise par des actions concrètes et durables sur le terrain.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici