Par René DOKOU, le 12 Février 2026
(IMPARTIAL ACTU)- La scène nationale est marquée, en cette mi-février, par une actualité dense, dominée par des enjeux diplomatiques, énergétiques et sanitaires, sur fond de réformes institutionnelles et de dynamiques sectorielles soutenues. Du sommet de l’Union africaine à Addis-Abeba aux indicateurs du marché des télécommunications, en passant par la gouvernance universitaire et les alertes environnementales, tour d’horizon des faits marquants.
Diplomatie : le Togo attendu au 39e sommet de l’Union africaine
Le 39e sommet de l’Union africaine (UA) s’ouvre en fin de semaine dans la capitale éthiopienne. À Addis-Abeba, les travaux préparatoires des ministres des Affaires étrangères ont débuté mercredi, avec la participation du chef de la diplomatie togolaise, Robert Dussey.
Les chefs d’État et de gouvernement du continent se pencheront sur les défis sécuritaires persistants, la consolidation des acquis en matière de développement et la lutte contre le terrorisme, dans un contexte régional marqué par l’instabilité au Sahel et les tensions dans certaines zones d’Afrique centrale et orientale.
Le Togo entend profiter de cette tribune pour présenter l’évolution de sa médiation dans la région des Grands Lacs, où Lomé s’est progressivement positionnée comme un acteur de facilitation du dialogue. Cette implication diplomatique s’inscrit dans une stratégie plus large de diplomatie active, visant à renforcer la stature du pays sur l’échiquier africain et à promouvoir des solutions concertées aux crises régionales.
Coopération : un nouveau partenariat stratégique avec l’AIEA
Sur le front de la coopération internationale, le gouvernement togolais et l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) ont franchi un nouveau cap. Lundi 9 février, à Vienne, un cadre de partenariat couvrant la période 2026-2031 a été signé par Robert Dussey et le directeur général de l’AIEA, Rafael Mariano Grossi.
Cet accord ouvre la voie à un renforcement de l’utilisation pacifique des technologies nucléaires au Togo. Les domaines ciblés sont clairement identifiés : la lutte contre le cancer, à travers le développement de la radiothérapie et du diagnostic médical ; l’agriculture et la sécurité alimentaire, grâce aux techniques d’irradiation et d’amélioration variétale ; ainsi que l’énergie.
Pour les autorités, il s’agit d’un levier technologique stratégique, destiné à appuyer la modernisation des secteurs sociaux et productifs. Ce partenariat s’inscrit dans une dynamique de diversification des outils scientifiques mobilisés pour soutenir le développement.
Santé et environnement : l’alerte sur les peintures au plomb
Une vive inquiétude entoure la question de la contamination au plomb dans les peintures. Selon les résultats rendus publics par le ministère de l’Environnement, 30 % des 27 échantillons analysés présentent des concentrations supérieures à la norme de 90 parties par million (ppm) recommandée par l’Organisation mondiale de la santé. Plus préoccupant encore, 7 % affichent des niveaux dépassant 10 000 ppm.
Le plomb est reconnu pour ses effets toxiques, notamment chez les enfants, où il peut provoquer des troubles neurologiques irréversibles. Face à ces données jugées alarmantes, le gouvernement appelle à une mobilisation collective, impliquant importateurs, fabricants, distributeurs et consommateurs.
Des mesures de contrôle renforcées et un encadrement réglementaire plus strict pourraient être envisagés afin de protéger la santé publique et d’assainir le marché des produits de peinture.
Énergies : 70 milliards de FCFA pour accélérer l’accès universel
La politique énergétique demeure une priorité budgétaire. En 2026, 70 milliards de FCFA seront mobilisés pour poursuivre les investissements dans le secteur, avec l’objectif affiché d’atteindre la couverture universelle en électricité à l’horizon 2030.
Inscrite au budget du ministère délégué chargé de l’énergie et des mines, cette enveloppe permettra notamment de poursuivre l’électrification de 317 localités et le déploiement du Fonds Tinga, mécanisme facilitant l’accès à l’électricité pour les ménages à revenus modestes.
Les autorités soulignent que les réformes et projets engagés ces dernières années ont permis de porter le taux de couverture électrique à 75 % à fin 2025. L’enjeu consiste désormais à consolider ces acquis tout en réduisant les disparités territoriales, notamment en milieu rural.
Gestion publique : l’Autorité du bassin du Mono fait son bilan
À Lomé, le Comité technique des experts de l’Autorité du bassin du Mono tient, depuis mardi, sa 8ᵉ réunion ordinaire. Les travaux, prévus sur trois jours, sont consacrés à l’examen du bilan 2025 et à la planification des prochaines actions.
Sur le plan institutionnel, l’Autorité indique avoir renforcé ses capacités par le recrutement de cadres clés, la modernisation de ses outils de gestion et l’amélioration de sa situation financière. Ces avancées visent à optimiser la gestion concertée des ressources en eau du bassin partagé, dans un contexte de pressions climatiques accrues.
La gouvernance intégrée des ressources hydriques apparaît plus que jamais stratégique, notamment pour la prévention des conflits d’usage et la résilience face aux aléas climatiques.
TIC : la téléphonie mobile dépasse les 100 % de pénétration
Le secteur des communications électroniques confirme sa forte dynamique. Les indicateurs publiés par l’ARCEP pour le troisième trimestre 2025 font état de 8,69 millions de numéros mobiles actifs, franchissant pour la première fois le seuil symbolique de 100 % de taux de pénétration.
La progression est notable : +5 % par rapport au trimestre précédent et +17 % sur un an. Cette performance traduit l’intensification de la concurrence entre opérateurs, l’élargissement de la couverture réseau et l’essor des services numériques.
Au-delà des chiffres, cette expansion soulève de nouveaux défis en matière de qualité de service, de cybersécurité et d’inclusion numérique, alors que le numérique devient un moteur transversal de croissance.
Éducation : vers une gouvernance universitaire plus performante
Face à l’augmentation continue des effectifs et à l’extension des infrastructures, le gouvernement plaide pour une gouvernance universitaire plus efficiente. À Kara, une série de concertations a été lancée mardi, à l’initiative notamment de l’Université de Kara.
Les échanges portent sur l’adaptation des programmes académiques aux besoins du marché, la modernisation de la gestion administrative et le renforcement des capacités des responsables de départements et des centres de recherche.
L’objectif affiché est d’aligner davantage l’enseignement supérieur sur les priorités nationales de développement, en favorisant l’innovation, la recherche appliquée et l’employabilité des diplômés.
Justice : un Togolais à la tête de la Cour de justice de l’UEMOA
La magistrature togolaise enregistre une distinction notable. Kuami Gameli Lodonou a été élu à la tête de la Cour de justice de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Son installation officielle s’est tenue mercredi 11 février à Ouagadougou, pour un mandat de trois ans.
Il aura pour mission de veiller à la cohérence juridique au sein de l’espace communautaire, notamment en matière de respect des obligations des États membres. Cette nomination renforce la présence togolaise dans les instances régionales et témoigne de la reconnaissance de l’expertise nationale dans le domaine judiciaire.
Météo : chaleur et brume sèche jusqu’à fin février
Enfin, sur le plan climatique, l’Agence nationale de la météorologie annonce une période de chaleur marquée et de brume sèche sur l’ensemble du territoire jusqu’à la fin du mois. Les températures maximales devraient osciller entre 33°C et 40°C, légèrement au-dessus des normales saisonnières.
Le temps restera globalement sec, avec de la poussière attendue dans les régions septentrionales et de rares pluies dans les régions Maritime et des Plateaux. Cette situation intervient après une année 2025 caractérisée par un déficit pluviométrique, accentuant les préoccupations liées à la gestion des ressources en eau et à la sécurité alimentaire.
Entre diplomatie active, réformes sectorielles et vigilance sanitaire, l’actualité nationale reflète ainsi un pays engagé sur plusieurs fronts, confronté à des défis structurels mais déterminé à consolider ses trajectoires de transformation.
















