Épidémie d’Ebola : alerte maximale en Afrique centrale

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Par René DOKOU, le 17 Mai 2026

(IMPARTIAL ACTU)- Le 15 mai 2026, le ministère de la Santé de la République démocratique du Congo (RDC) a annoncé la 17ᵉ flambée de la maladie à virus Ebola. Treize échantillons ont été analysés, dont huit confirmés positifs à la souche Bundibugyo par l’Institut national de recherche biomédicale. Le cas index présumé est un agent de santé de la zone de Rwampara, dans la province de l’Ituri, décédé après avoir présenté fièvre, hémorragies et vomissements.

Bilan provisoire inquiétant

Au 16 mai, 393 cas suspects et 105 décès ont été recensés dans neuf zones sanitaires de l’Ituri. Des regroupements inhabituels de décès communautaires sont également en cours d’investigation dans l’Ituri et le Nord-Kivu. La situation traduit une propagation rapide et préoccupante du virus.

Cas importés en Ouganda

Le même jour, les autorités ougandaises ont confirmé deux cas importés. Le premier, un patient congolais de 59 ans, est décédé à Kampala après des symptômes hémorragiques. Le second cas, identifié le 16 mai, concerne une personne revenue de RDC sans lien apparent avec le premier. À ce stade, aucune transmission locale n’a été détectée en Ouganda.

Urgence de santé publique internationale

Le 16 mai, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a qualifié cette flambée d’urgence de santé publique de portée internationale. L’évaluation des risques est jugée très élevée en RDC et dans les pays frontaliers, modérée pour le reste du continent. La CEDEAO souligne que la mobilité des populations accroît le risque d’importation dans l’espace ouest-africain.

Nature et transmission du virus

La maladie à virus Ebola est une infection grave, souvent mortelle, causée par des virus du genre Ebolavirus. Quatre espèces sont pathogènes pour l’homme : Zaire, Bundibugyo, Sudan et Taï Forest. La transmission se fait par contact direct avec les liquides biologiques des personnes infectées ou avec des objets contaminés. La période d’incubation varie de 2 à 21 jours.

Les symptômes débutent par un tableau pseudo-grippal et peuvent évoluer vers des formes sévères avec hémorragies. Le taux de mortalité peut atteindre 50 %, mais une prise en charge précoce améliore les chances de survie. À ce jour, seuls deux vaccins sont homologués contre la souche Zaire.

Mesures de la CEDEAO

Le Centre régional de surveillance et de contrôle des maladies (CRSCM) de la CEDEAO a intensifié ses activités de prévention et de riposte. Les recommandations aux États membres incluent :

Surveillance renforcée aux points d’entrée aériens, surtout pour les voyageurs venant d’Afrique centrale.

Capacités d’intervention accrues pour les équipes nationales.

Préparation des laboratoires pour assurer détection et transmission rapide des résultats.

Communication des risques et engagement communautaire renforcés.

Structures de référence identifiées pour la prise en charge des cas.

Maintien des frontières ouvertes sans restrictions de voyage ni de commerce.

Précautions pour les populations
Le CRSCM exhorte les citoyens à respecter les mesures suivantes :

Hygiène des mains régulière avec eau et savon ou solution hydroalcoolique.

Éviter les contacts avec liquides biologiques et objets contaminés.

Enterrements sécurisés réalisés par des équipes formées.

Éviter la viande de brousse et manipuler avec prudence les animaux sauvages.

Consulter rapidement un centre de santé en cas de symptômes.

Limiter les déplacements vers les zones touchées et suivre les consignes officielles.

Vigilance régionale

Le Centre régional de surveillance et de contrôle des maladies de la CEDEAO continue de suivre de près l’évolution de la situation et publiera régulièrement des mises à jour. La coordination régionale et la mobilisation communautaire sont jugées essentielles pour contenir cette nouvelle flambée d’Ebola et protéger les populations ouest-africaines.

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