Par René DOKOU, le 02 Décembre 2025
(IMPARTIAL ACTU)- L’Unité de Coordination du Projet du Corridor Économique Lomé-Ouagadougou-Niamey (PCE-LON) franchit une nouvelle étape dans la mise en œuvre de ses activités. Mercredi 3 décembre 2025, un atelier de validation des rapports d’études techniques relatifs à la mise en place d’un Système de Transport Intelligent (STI) sur le corridor a été ouvert à Lomé. La cérémonie inaugurale a été présidée par le Secrétaire général du ministère des Transports, Komlan Tindano, accompagné du coordonnateur du projet, M. Dermane Tadjoudine.
Pendant deux jours, du 3 au 4 décembre, les principaux acteurs du secteur des transports, des administrations partenaires, des experts techniques, des représentants du secteur privé, notamment des organisations de transporteurs, ainsi que des institutions régionales mobilisées pour la facilitation du commerce et de la mobilité, se penchent sur les différents volets de l’étude. L’objectif est clair : examiner, enrichir et valider les rapports produits par le consultant recruté, et formuler des recommandations opérationnelles pour le futur déploiement du STI.
Selon les responsables du PCE-LON, l’ambition du projet dépasse la simple modernisation technique. Le Système de Transport Intelligent, une fois opérationnel, permettra une transformation profonde de la gestion du trafic au Togo et sur l’ensemble du corridor. Grâce à des solutions numériques intégrées, il contribuera à renforcer la sécurité routière, améliorer la fluidité de la circulation et optimiser les déplacements sur cet axe stratégique, considéré comme l’un des principaux corridors de transit de marchandises en Afrique de l’Ouest.
Dans son allocution, le coordonnateur du projet, M. Dermane Tadjoudine, a rappelé la vocation régionale du corridor économique. Le PCE-LON, a-t-il indiqué, poursuit un objectif majeur : « renforcer la connectivité régionale et améliorer les infrastructures socio-économiques communautaires entre les trois capitales concernées ». Pour lui, l’étude technique engagée constitue une étape décisive dans la réalisation de cette ambition. Elle répond à plusieurs défis bien identifiés : difficultés de circulation sur certaines zones, insuffisance du partage d’informations en temps réel, manque de matérialisation de certaines composantes du corridor et obstacles persistants à la fluidité du transport.
« Face à ces enjeux, le recours aux technologies de l’information et de la communication, à la géolocalisation et aux systèmes de données de performance apparaît comme une réponse moderne et stratégique pour améliorer la sécurité et l’efficacité du transport dans notre région », a souligné M. Tadjoudine.
Pour sa part, le Secrétaire général du ministère des Transports a insisté sur le caractère stratégique d’un système de transport moderne et performant pour le Togo, le Burkina Faso et le Niger. Selon lui, le futur STI constitue « un levier essentiel » pour fluidifier le transit, renforcer la transparence des opérations, digitaliser les procédures et optimiser l’usage des infrastructures existantes, en particulier le Port autonome de Lomé, plateforme logistique majeure de la sous-région.
Il a par ailleurs rappelé les défis persistants sur le corridor : dégradations routières, multiplicité des contrôles, déficit d’informations partagées entre acteurs et absence de données actualisées pour une gestion efficace du trafic. « Cette étude apporte une réponse structurelle. Elle propose la mise en place d’une route intelligente reposant sur l’intégration des nouvelles technologies – géolocalisation, systèmes d’information, collecte de données – au service d’un transport plus fluide, sécurisé et efficace », a-t-il déclaré en ouvrant les travaux.
À terme, l’implémentation du STI devrait permettre de réduire les accidents, optimiser les déplacements urbains et interurbains, et soutenir les réformes en cours visant une mobilité plus sûre, plus fluide et plus durable. Elle constituera également un atout majeur pour renforcer la compétitivité du Port autonome de Lomé, réduire les coûts logistiques et dynamiser les échanges commerciaux régionaux, conformément à l’ambition du Togo de devenir un hub logistique et de services en Afrique de l’Ouest.
La validation finale du document portera notamment sur la conception globale du système, l’évaluation des coûts par pays, la proposition d’une base de données commune et l’architecture du dispositif de partage des informations.
Il convient de rappeler que le PCE-LON est une initiative conjointe du Togo, du Burkina Faso et du Niger, mise en œuvre avec l’appui financier de la Banque mondiale à hauteur de 470 millions de dollars, dont 120 millions dédiés au Togo. Ce projet structurant vise à améliorer la connectivité régionale, moderniser les infrastructures socio-économiques et faciliter le commerce le long de l’un des plus importants corridors de transit de la sous-région.
















