Par René DOKOU, le 05 Janvier 2026
(IMPARTIAL ACTU)- La deuxième session ordinaire de l’année 2025 s’est achevée le 31 décembre dernier à l’Assemblée nationale, dans une atmosphère empreinte de solennité et de satisfaction partagée. Au-delà du rituel institutionnel, cette clôture marque une étape majeure dans l’histoire parlementaire de la Ve République togolaise, consacrant une année de réformes, de débats soutenus et d’innovations démocratiques.
Dans son discours de clôture, Son Excellence Professeur Komi Selom Klassou, Président de l’Assemblée nationale, a livré un bilan dense et structuré des travaux accomplis, tout en réaffirmant la vocation première du Parlement : servir le peuple togolais avec rigueur, responsabilité et engagement.
Le temps parlementaire comme levier de progrès
Le Président de l’Assemblée nationale a placé son intervention sous le signe de la valeur du temps parlementaire, qu’il a qualifié de « matière précieuse », se mesurant moins en durée qu’en qualité des idées, des textes et des décisions adoptées. Une conception exigeante du travail législatif qui a trouvé sa traduction dans l’intensité des travaux menés au cours de cette session.
Selon le Professeur Klassou, les députés ont fait preuve d’un engagement collectif remarquable, traduisant leur volonté de répondre aux attentes des citoyens dans un contexte institutionnel renouvelé. Cette session aura ainsi été marquée par une production législative soutenue et des débats de fond, témoignant de la vitalité du Parlement dans le cadre de la Ve République.
Des actes forts pour la consolidation démocratique
Parmi les temps forts de la session figure la deuxième séance plénière, au cours de laquelle les députés ont procédé au remplacement de représentants dans douze circonscriptions électorales et à l’élection des postes vacants au sein du Bureau de l’Assemblée nationale. Un exercice conduit dans le respect des règles démocratiques, que le Président de l’institution a salué comme une preuve de maturité institutionnelle.
Rendant hommage à l’ancien Président de l’Assemblée nationale, il a souligné le rôle fondateur joué par ce dernier dans l’installation de la première législature de la Ve République, estimant que « la démocratie y respire un air frais ». Dans cette dynamique, le discours sur l’état de la Nation prononcé le 2 décembre 2025 par Son Excellence Monsieur Faure Essozimna Gnassingbé, Président du Conseil et Chef du Gouvernement, a constitué un repère majeur. Les trois verbes-clés rassembler, protéger et transformer ont été présentés comme la boussole de l’action publique et parlementaire.
Une production législative dense et stratégique
Sur le plan législatif, la session a été particulièrement féconde. L’examen et le vote en première lecture du projet de loi de finances, exercice 2026, ont inauguré la navette parlementaire entre l’Assemblée nationale et le Sénat, illustrant concrètement le fonctionnement du régime parlementaire instauré par la Ve République.
Les députés ont également adopté la loi de finances rectificative pour 2025, ajustant les priorités budgétaires de l’État, ainsi qu’une réforme du cadre juridique et fiscal du projet stratégique du gazoduc de l’Afrique de l’Ouest. À cela s’ajoute l’adoption de textes majeurs visant à renforcer la lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et la prolifération des armes de destruction massive.
Dans un registre plus social et inclusif, l’Assemblée nationale a voté en première lecture le projet de loi autorisant la ratification du protocole à la Charte africaine des droits de l’Homme relatif aux droits des personnes handicapées, confirmant l’engagement du Togo en faveur des droits fondamentaux.
Les préoccupations sociales au cœur des débats
La session s’est achevée par une question d’actualité au gouvernement, portant sur l’accès à l’eau potable, un enjeu crucial pour de nombreuses communautés. Le Président de l’Assemblée nationale a insisté sur la nécessité pour les députés d’accompagner les actions du gouvernement, tout en maintenant un lien étroit avec les populations durant la période d’intersession.
Il a exhorté les élus à expliquer avec pédagogie les réformes engagées et la vision du Président du Conseil, rappelant que les lois votées constituent des outils d’émancipation, de prospérité et de dignité pour les citoyens.
Une coopération institutionnelle saluée
La clôture de la session a également été l’occasion de mettre en lumière la qualité des relations entre les deux chambres du Parlement. Le Professeur Klassou a adressé ses félicitations à Son Excellence Monsieur Barry Moussa Barqué, Président du Sénat, pour la collaboration franche et constructive ayant marqué les travaux parlementaires.
Cap sur 2026
Formulant ses vœux pour l’année 2026, le Président de l’Assemblée nationale a appelé les députés à demeurer des « gardiens des rêves de la Nation » et à poursuivre leur mission avec constance et sens du devoir. Les parlementaires entrent désormais en intersession pour trois mois, avant l’ouverture de la première session ordinaire de 2026, prévue le 7 avril, conformément à la Constitution.
Au nom de l’Assemblée nationale, la première Vice-Présidente, l’honorable Ibrahima Mémounatou, a adressé ses vœux au Président de l’institution, saluant son leadership et réaffirmant la loyauté et la disponibilité du Bureau et de la Conférence des Présidents au service de l’intérêt supérieur de la Nation.
















