L’ANIAC-TOGO célèbre les 29 ans d’engagement de la CIAC contre les armes chimiques

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Par René DOKOU, le 23 Avril 2026

(IMPARTIAL ACTU)- L’Autorité nationale pour l’interdiction des armes chimiques (ANIAC-Togo) a marqué, ce mardi 21 avril 2026, le 29ᵉ anniversaire de la Convention sur l’interdiction des armes chimiques (CIAC). La cérémonie, organisée au siège de l’institution à Lomé, s’est tenue sous le thème évocateur : « Synergie d’actions autour de la lutte contre la prolifération des produits chimiques toxiques ».

Une commémoration à portée internationale

Cette initiative s’inscrit dans le cadre des activités coordonnées par l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC), rappelant l’importance de la coopération internationale pour renforcer la sécurité chimique et prévenir les menaces liées à l’usage de substances toxiques.

Une mobilisation multisectorielle

La rencontre a rassemblé un large éventail d’acteurs : représentants d’entreprises, structures d’import-export, associations de la zone franche, partenaires institutionnels et organisations internationales, dont l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime. Cette diversité témoigne de l’importance d’une approche inclusive face aux défis posés par la gestion des produits chimiques.
En réunissant les secteurs public et privé, l’ANIAC-Togo entend consolider la sensibilisation et promouvoir une culture de responsabilité partagée.

Le rappel des dangers historiques

Dans son allocution, le vice-président de l’ANIAC-Togo, le professeur Koriko Moursalou, a rappelé que les armes chimiques ont marqué l’histoire par leurs effets dévastateurs. De l’Antiquité à la Première Guerre mondiale, leur usage destructeur a laissé des cicatrices profondes dans la mémoire collective.
« Les dégâts causés par ces armes ont conduit la communauté internationale à les bannir et à les interdire formellement », a-t-il souligné, insistant sur la nécessité d’une vigilance constante et d’une régulation internationale renforcée.

Les perceptions erronées et les risques quotidiens

Le professeur Koriko a mis en lumière une problématique persistante : la méconnaissance de certains acteurs quant à la nature des produits chimiques qu’ils manipulent. « Certains estiment à tort que les substances qu’ils utilisent ne sont pas chimiques », a-t-il indiqué, citant des exemples tels que les acides, le mercure ou le cyanure, dont les risques pour la santé et l’environnement sont pourtant considérables.

Il a également alerté sur les dangers liés aux pratiques domestiques et artisanales, où des produits comme la soude caustique sont souvent manipulés sans précautions, exposant les populations à des accidents graves.

Les usages contemporains encadrés

Le vice-président a précisé que certains agents chimiques, tels que les gaz lacrymogènes, peuvent être utilisés dans le cadre du maintien de l’ordre en temps de paix. Toutefois, leur emploi en situation de guerre demeure strictement interdit par la convention. Cette distinction illustre la complexité des usages contemporains et la nécessité d’un encadrement rigoureux.

La CIAC : un instrument universel

Adoptée le 29 avril 1997 et ratifiée par 193 États, la Convention sur l’interdiction des armes chimiques constitue un pilier du droit international. Elle vise l’élimination totale des armes chimiques, la prévention de leur réapparition et la promotion de l’usage pacifique de la chimie au service du développement.
Au-delà de l’interdiction, la CIAC encourage la coopération internationale en matière de sûreté et de sécurité chimiques, renforçant ainsi la solidarité mondiale face aux menaces.

Un impératif stratégique pour le Togo

Dans un contexte marqué par la multiplication des risques liés à l’utilisation, au stockage et au détournement des produits chimiques, l’ANIAC-Togo insiste sur la gestion responsable de ces substances. « Nous sommes un pays consommateur de produits chimiques ; nous ne pouvons qu’agir dans la prévention », a affirmé le professeur Koriko.

Il a encouragé l’usage d’outils d’identification tels que les étiquetages et pictogrammes, indispensables pour reconnaître les dangers physico-chimiques, sanitaires et environnementaux. Cette démarche vise à renforcer la sécurité des populations et à prévenir les accidents.

Une plateforme d’échanges et de sensibilisation

La commémoration a également servi de cadre d’échanges entre les différents acteurs présents. Les discussions ont porté sur les bonnes pratiques en matière d’utilisation et de gestion des produits chimiques, mettant en avant la nécessité d’une collaboration accrue entre autorités nationales et acteurs industriels.
En favorisant le dialogue, l’ANIAC-Togo entend consolider la coordination nationale et renforcer la sensibilisation des opérateurs économiques et institutionnels.

Un engagement renouvelé

travers cette célébration, l’ANIAC-Togo réaffirme son engagement à promouvoir une culture de prévention et de responsabilité dans la gestion des substances chimiques. En rappelant les leçons du passé et en anticipant les défis du présent, l’institution contribue à renforcer la sécurité nationale et à consolider la coopération internationale.

Le 29ᵉ anniversaire de la CIAC n’est pas seulement une commémoration symbolique : il constitue un appel à l’action collective pour un monde débarrassé des armes chimiques et orienté vers un usage pacifique de la science au service du développement.

 

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