Santé régionale : Freetown accueille la 27ᵉ Assemblée des Ministres de la CEDEAO

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Par René DOKOU, le 22 Avril 2026

(IMPARTIAL ACTU)- La Sierra Leone s’apprête à devenir le centre névralgique de la coopération sanitaire régionale. Le gouvernement, en partenariat avec l’Organisation Ouest Africaine de la Santé (OOAS), a annoncé l’ouverture de la 27ᵉ session ordinaire de l’Assemblée des Ministres de la Santé de la CEDEAO, prévue du 20 au 25 avril 2026 dans la capitale sierra-léonaise.

Cet événement marque un retour historique : pour la première fois depuis quinze ans, la Sierra Leone accueille cette rencontre de haut niveau, réunissant ministres, experts techniques et partenaires internationaux. L’objectif est clair : renforcer la solidarité régionale et définir des stratégies communes face aux défis sanitaires persistants.

Un honneur national et une responsabilité régionale

Le ministre de la Santé de la Sierra Leone, Dr Austin Demby, a qualifié l’événement de « véritable honneur national », soulignant la fierté du pays d’assumer un rôle de leadership dans la lutte contre les maladies endémiques, notamment le paludisme.

« Cette Assemblée est une opportunité unique de montrer la capacité de la Sierra Leone à contribuer activement aux solutions régionales. Elle illustre notre engagement à bâtir des systèmes de santé plus résilients et inclusifs », a déclaré le ministre.

Dr Demby a également mis en avant l’élaboration de la Charte de Freetown, document phare attendu de cette session. Axée sur l’innovation technologique et l’exploitation des données, cette charte vise à accélérer la réduction de la mortalité maternelle et infantile, deux indicateurs encore préoccupants dans la région.

L’OOAS appelle à une action collective

Le Directeur général de l’OOAS, Dr Melchior Athanase J. C. Aïssi, a rappelé que l’Assemblée constitue « l’une des plus hautes plateformes politiques de décision en matière de santé en Afrique de l’Ouest ». Selon lui, elle offre aux États membres une occasion stratégique d’harmoniser leurs politiques, de renforcer leurs engagements et de prendre des mesures concrètes pour améliorer la santé des populations.

Le thème central de cette édition  l’élimination du paludisme illustre l’urgence d’une réponse collective. « Les maladies ne connaissent pas de frontières. Seule une action coordonnée et durable, fondée sur la solidarité régionale, permettra de progresser vers l’éradication », a insisté Dr Aïssi.

Il a également souligné la nécessité de mobiliser davantage de ressources nationales et de promouvoir des approches innovantes, afin de garantir un impact durable et mesurable.

Un agenda ambitieux

Durant cinq jours, les ministres de la Santé des quinze États membres de la CEDEAO, accompagnés de leurs délégations techniques, examineront les progrès réalisés en 2025 et définiront les priorités pour 2026. Les discussions porteront notamment sur :

la mise en œuvre de la politique régionale de santé communautaire ;

le renforcement de la surveillance épidémiologique et du partage de données ;

la mobilisation de financements durables pour les systèmes de santé ;

la coopération transfrontalière dans la lutte contre les maladies émergentes.

La Charte de Freetown devrait constituer l’un des principaux résultats de cette session, en offrant un cadre opérationnel pour intégrer les innovations technologiques dans les politiques nationales.

Un symbole de solidarité régionale

Au-delà des débats techniques, cette Assemblée revêt une forte dimension politique et symbolique. Elle traduit la volonté des pays de la CEDEAO de faire front commun face aux menaces sanitaires, dans un contexte marqué par les inégalités d’accès aux soins et la fragilité des financements.

Pour la Sierra Leone, l’événement est aussi une vitrine internationale. Quinze ans après avoir accueilli pour la dernière fois une telle rencontre, le pays démontre sa capacité à jouer un rôle moteur dans la coopération régionale.

Vers une nouvelle dynamique sanitaire

À l’issue de cette 27ᵉ session, les États membres devraient adopter des engagements renforcés pour accélérer l’élimination du paludisme et améliorer la santé communautaire. Les conclusions de Freetown seront scrutées de près, car elles pourraient marquer un tournant dans la gouvernance sanitaire régionale.

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