Par René DOKOU, le 16 Janvier 2026
(IMPARTIAL ACTU)-Longtemps symbole de fête et de convivialité, l’alcool recule désormais dans de nombreux pays. Cette évolution ne relève plus d’initiatives ponctuelles comme le Dry January. Elle traduit un changement profond et durable des habitudes, particulièrement marqué chez les jeunes générations. Partout dans le monde, les données scientifiques confirment une tendance de fond.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Selon plusieurs études relayées par IFLScience, la consommation d’alcool diminue nettement dans de nombreuses régions. Aux États-Unis, un sondage Gallup publié en 2025 montre que seuls 54 % des adultes déclarent boire de l’alcool, un niveau historiquement bas, contre 62 % en 2023. Parmi les consommateurs, le nombre moyen de verres hebdomadaires est tombé à 2,8, contre près de 4 auparavant. La baisse ne concerne donc pas seulement le nombre de buveurs, mais aussi les quantités consommées.
La tendance s’observe ailleurs. En Australie, des chercheurs de l’université Flinders notent que les jeunes nés entre 1997 et 2012 s’abstiennent plus souvent que les générations précédentes. Au Royaume-Uni, la consommation moyenne est passée d’environ 14 verres par personne il y a vingt ans à un peu plus de 10 aujourd’hui. Ces données convergentes indiquent un changement structurel des comportements.
Au cœur de cette mutation, un facteur clé : le rapport des jeunes à l’alcool. Pour la génération Z, boire n’est plus un passage obligé. Aux États-Unis, seuls 50 % des jeunes adultes déclarent consommer de l’alcool, un recul marqué par rapport aux années précédentes. L’argument sanitaire pèse lourd. De plus en plus de jeunes considèrent qu’il n’existe pas de consommation sans risque, une perception renforcée par les messages scientifiques récents.
Le contexte économique joue également un rôle. Inflation, coût du logement et prix des sorties incitent à réduire des dépenses jugées non essentielles. Parallèlement, les normes sociales évoluent. Refuser un verre n’est plus stigmatisant. Les boissons sans alcool gagnent du terrain dans les bars, les restaurants et les événements festifs, rendant la sobriété socialement acceptable.
Au-delà des générations, le regard collectif sur l’alcool s’est transformé. Pour la première fois, une majorité d’adultes estime qu’une consommation modérée peut nuire à la santé. Sans disparaître, l’alcool perd progressivement sa place centrale dans les modes de vie contemporains. Les chiffres et les comportements le confirment : le recul est durable.
















