Inclusion financière : des crédits jusqu’à 100 millions pour les Togolais

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Par René DOKOU, le 11 Septembre 2025

(IMPARTIAL ACTU)- Jadis considéré comme un privilège réservé aux élites urbaines, l’accès aux services financiers s’est progressivement imposé comme un droit au Togo. Depuis quelques années, le pays mène une politique volontariste en matière d’inclusion financière. Objectif : rapprocher la banque des citoyens, même dans les coins les plus reculés, et offrir à chacun la possibilité d’épargner, d’emprunter ou de transférer de l’argent en toute sécurité.

Une stratégie nationale ambitieuse

La Stratégie nationale d’inclusion financière (SNIF), portée par l’État, repose sur plusieurs leviers : digitalisation, microfinance, éducation financière et Fonds national de la finance inclusive (FNFI). Ce dispositif a bouleversé les habitudes. Alors que l’ouverture d’un compte bancaire supposait jadis de longues démarches, des guichets de proximité et des services de mobile money couvrent désormais une large partie du territoire.

Aujourd’hui, des millions de comptes mobiles sont actifs. Ils permettent de recevoir des transferts, régler factures d’électricité et d’eau, ou encore effectuer des achats quotidiens sans se déplacer. Cette proximité réduit fortement les coûts et ouvre la porte à l’accès au crédit pour un nombre croissant de bénéficiaires.

Des crédits de plus en plus accessibles

Créé en 2014, le FNFI a accompagné cette transformation. Au départ, les prêts consentis étaient symboliques : dès 5 000 francs CFA. Désormais, les bénéficiaires peuvent accéder à des financements atteignant 100 millions de francs CFA. Le ministère du Développement à la base, de l’Inclusion financière, de la Jeunesse et de l’Emploi des jeunes a récemment confirmé ces chiffres dans son rapport couvrant août 2024 à août 2025.

Sur la période, l’encours global de crédits distribués est passé de 112 à 116 milliards de francs CFA, soit une progression de 4 milliards en un an. Selon le ministère, 84 % du territoire national bénéficie aujourd’hui d’activités financées par le Fonds, avec une attention particulière pour les régions des Savanes, Centrale et Plateaux, souvent plus vulnérables.

Un modèle basé sur la confiance

La réussite de ce mécanisme repose aussi sur la discipline des bénéficiaires. Le taux de remboursement s’élève à 94,94 %, preuve d’une appropriation du dispositif et d’une gestion responsable des crédits. Même dans les zones où les prestataires de services financiers partenaires sont rares, ce niveau reste élevé.

Cette confiance mutuelle entre institutions et emprunteurs constitue l’un des socles de la durabilité du modèle togolais. Elle rassure les partenaires financiers et encourage de nouvelles initiatives.

Un outil d’émancipation

Au-delà des chiffres, l’inclusion financière transforme des vies. Les femmes, longtemps tenues à l’écart des services bancaires, peuvent désormais ouvrir un compte sans garantie ni dépôt initial. Elles y trouvent une sécurité pour leurs revenus, la possibilité d’épargner pour la scolarité des enfants et la capacité d’investir dans des activités génératrices de revenus.

Les jeunes, eux, bénéficient de produits adaptés : microcrédits, solutions numériques et formations à la gestion. Ces instruments favorisent l’innovation et la création d’emplois dans des secteurs variés, de l’agriculture au petit commerce.

Vers une économie plus résiliente

En réduisant le taux d’exclusion financière, le Togo pose les bases d’une croissance plus inclusive. L’accès généralisé aux services financiers stimule la consommation, favorise l’entrepreneuriat et renforce la résilience des ménages face aux chocs économiques.

En moins d’une décennie, l’inclusion financière est passée d’un slogan à une réalité concrète pour des milliers de familles. Derrière les statistiques, c’est tout un pays qui avance vers plus d’équité et de prospérité partagée.

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