Par René DOKOU, le 11 Septembre 2025
(IMPARTIAL ACTU)- Au Togo, l’heure n’est plus à la simple accumulation de diplômes. Le pays a choisi une autre trajectoire : celle de l’employabilité réelle. Dans une dynamique portée par l’État, les universités, les instituts de formation et le secteur privé, l’accent est désormais mis sur la préparation des jeunes à une insertion professionnelle réussie. Objectif : garantir une jeunesse épanouie et bâtir une économie compétitive. Les résultats, déjà visibles, traduisent la pertinence de cette approche pragmatique.
Une formation tournée vers le marché de l’emploi
Les établissements d’enseignement supérieur du Togo sont en pleine mutation. Les curricula s’adaptent progressivement aux besoins réels du marché du travail. Les compétences pratiques et les savoir-faire directement exploitables en entreprise sont privilégiés.
De nouvelles filières voient le jour, en phase avec les secteurs porteurs : numérique, énergies renouvelables, agriculture moderne, logistique. Ces domaines, au cœur des mutations économiques mondiales, offrent aux jeunes diplômés togolais un profil compétitif, aussi bien sur le continent qu’à l’international.
Parallèlement, les partenariats se renforcent entre écoles, universités et entreprises. Les stages, les immersions professionnelles et l’alternance deviennent monnaie courante. Un pas décisif qui réduit le fossé entre la théorie académique et les réalités du terrain.
Vacances actives : une initiative pionnière
Lancé en 2025 par le gouvernement et mis en œuvre par l’Agence nationale pour l’Emploi (ANPE), le projet Vacances actives en entreprise illustre parfaitement cette nouvelle orientation.
Démarrée en août par une formation en soft skills et en citoyenneté, l’initiative cible les étudiants des cycles de licence et de master. Simultanément organisée dans tous les chefs-lieux de région, elle propose des modules pratiques sur la communication, le travail d’équipe, la gestion du temps et la culture d’entreprise.
Ce programme va au-delà du simple stage : il incarne la vision du président de la République, Faure Gnassingbé, de faire de la jeunesse un moteur de croissance. Mille étudiants en bénéficient pour cette première édition. Ils seront rémunérés dans leurs structures d’accueil, tout en percevant une indemnité forfaitaire. De plus, ils sont déclarés à la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), une innovation qui renforce leur protection et prépare leur intégration durable au monde du travail.
Des dispositifs déjà éprouvés
Vacances actives ne constitue pas un coup d’essai. Le gouvernement togolais s’est déjà illustré dans l’accompagnement des jeunes grâce à des programmes phares.
Le Programme d’appui à l’employabilité et à l’insertion des jeunes dans les secteurs porteurs (Paeij-SP) a permis de créer 3 189 emplois en 2024 dans toutes les régions. Le Fonds d’appui aux initiatives économiques des jeunes (Faiej), acteur incontournable de la lutte contre le chômage, affichait fin 2024 un bilan de 6 929 projets financés et plus de 27 000 emplois créés.
À ces dispositifs s’ajoutent le Programme présidentiel d’excellence (PPE) et le Programme d’excellence des femmes africaines (Pefa), qui misent sur le talent, l’innovation et l’égalité des chances.
Ces efforts conjugués portent leurs fruits. Entre 2011 et 2018, le taux de chômage des jeunes est passé de 8,1 % à 6,8 %. Depuis, il poursuit sa baisse grâce à ces initiatives multiples et convergentes.
Une jeunesse au cœur de la compétitivité nationale
En plaçant la formation et l’insertion au centre de sa stratégie, le Togo parie sur sa ressource la plus précieuse : la jeunesse. Le pays prépare une génération capable de répondre aux exigences d’une économie mondialisée, mais aussi de devenir actrice de la transformation nationale.
Si les défis demeurent notamment l’alignement permanent des formations aux évolutions rapides des métiers et technologies —, le cap est fixé. Les résultats obtenus témoignent d’une ambition assumée : faire du Togo une référence en matière de formation professionnelle et d’insertion en Afrique.
















