Faure Gnassingbé porte la voix de l’Afrique à Yokohama et trace les contours d’un partenariat stratégique avec le Japon et l’Océan Indien

0
201

Par René DOKOU, le 21 Août 2025

(IMPARTIAL ACTU)- Le Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, a pris une place de premier plan ce 20 août 2025 à Yokohama, à l’occasion du Forum sur le partenariat économique entre l’Afrique et les pays de l’Océan Indien. Cette rencontre, organisée en marge de la neuvième Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique (TICAD 9), a offert une tribune majeure pour repositionner l’Afrique dans le nouvel échiquier économique indo-pacifique.

Autour du thème central : « Le développement de l’Afrique grâce à la coopération avec le Japon et l’Océan Indien », l’événement a réuni plusieurs dirigeants et décideurs, parmi lesquels le Premier ministre japonais Shigeru Ishiba, le Président mozambicain Daniel Francisco Chapo, ainsi que de nombreux investisseurs, opérateurs économiques et représentants d’organisations internationales.

Une zone stratégique au cœur des ambitions japonaises

Dès la cérémonie d’ouverture, le Premier ministre japonais a insisté sur l’importance de l’espace Afrique-Océan Indien comme pilier de l’intégration inter-régionale. Shigeru Ishiba a réaffirmé la volonté de son pays de bâtir une coopération économique solide axée sur les infrastructures, l’énergie et la technologie, afin de faire de cette région « une source de vitalité et un espace économique libre et équitable ».

Cette déclaration de principe a trouvé un écho immédiat dans le discours de Faure Gnassingbé, dont l’intervention, articulée autour de trois axes majeurs, a marqué les esprits par sa vision stratégique.

Trois piliers d’une coopération renouvelée

Le Président du Conseil a d’abord mis en avant le rôle logistique et industriel que peut jouer l’Afrique, et en particulier le Togo, dans la création d’une zone commerciale dynamique reliant les pays africains à ceux de l’Océan Indien. Il a ensuite plaidé pour la co-création de chaînes de valeur industrielles afin de transformer les échanges en production partagée. Enfin, il a souligné la nécessité de repositionner l’espace indo-océanique comme un corridor de connexion stratégique entre l’Afrique et l’Asie.

« Notre ambition, a-t-il déclaré, est de transformer les défis géopolitiques actuels en opportunités pour construire un espace de stabilité, de prospérité partagée et de coopération durable. »

Lomé, hub stratégique Afrique-Asie

Dans une perspective concrète, Faure Gnassingbé a insisté sur l’atout géostratégique que représente le port de Lomé, unique port en eau profonde de la côte ouest-africaine et déjà reconnu comme l’un des plus performants de la région.

« Mon pays, le Togo, a choisi d’être une porte d’entrée stratégique au service de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF) et de l’ensemble du continent. Le port de Lomé est un hub logistique incontournable, capable de connecter directement la production industrielle japonaise au marché africain », a-t-il affirmé.

Le chef de l’État a salué dans ce sens l’annonce récente de l’installation de Toyota au Togo, soutenue par la partie japonaise. « Ce n’est pas seulement un investissement, c’est la confirmation que l’Afrique peut offrir aux investisseurs internationaux des plateformes modernes, fiables et attractives », a-t-il ajouté.

Une nouvelle ère industrielle Afrique-Japon

Au-delà des infrastructures, le Président du Conseil a plaidé pour un partenariat industriel fondé sur la co-création. Il a invité à dépasser le simple modèle d’échanges commerciaux pour entrer dans une logique de production conjointe, valorisant les ressources locales, favorisant le transfert de technologie et créant des opportunités d’emplois pour la jeunesse africaine.

« Nous voulons transformer nos ressources, produire localement et faire de notre jeunesse des acteurs de la production, pas seulement de la consommation », a-t-il lancé.

L’automobile, l’énergie, le numérique et l’agro-industrie ont été identifiés comme secteurs prioritaires pour initier cette nouvelle étape, avec l’ambition de bâtir des écosystèmes productifs interconnectés par l’Océan Indien.

L’Océan Indien, espace de convergence stratégique

Sur le plan géopolitique, Faure Gnassingbé a insisté sur l’importance de considérer l’Océan Indien non pas comme une frontière éloignée, mais comme une extension naturelle des échanges Afrique-Asie. Le Togo ambitionne de devenir un point d’ancrage de cette dynamique, en exploitant la continuité logistique entre l’Atlantique et l’Océan Indien.

« L’Océan Indien doit être vu comme un espace de connexion stratégique. Notre coopération avec le Japon peut transformer cet espace en vecteur de prospérité partagée », a-t-il martelé.

Il a également évoqué la nécessité pour l’Afrique de l’Ouest de devenir l’un des piliers d’un espace indo-pacifique équilibré, garantissant la sécurité maritime, la souveraineté économique et une coopération intercontinentale durable, en cohérence avec l’Agenda 2063 de l’Union africaine.

Une coopération aux dimensions humaine et environnementale

Soucieux d’inscrire ce partenariat dans une logique durable, le Président du Conseil a rappelé que le développement économique ne pouvait être dissocié des enjeux sociaux et environnementaux. Il a insisté sur la promotion d’une économie bleue et verte, respectueuse des écosystèmes marins et inclusive vis-à-vis des populations.

Cette approche intégrée, conciliant prospérité économique et durabilité, constitue selon lui la clé d’un partenariat gagnant-gagnant.

Un rôle moteur pour le Togo dans la refondation des partenariats

À travers cette intervention remarquée, Faure Gnassingbé a démontré la capacité du Togo à jouer un rôle moteur dans la refondation des relations stratégiques entre l’Afrique et ses partenaires mondiaux.

En s’inscrivant pleinement dans les ambitions de l’Agenda 2063 et en renforçant la coopération avec le Japon, le Togo projette une image de stabilité, de fiabilité et de vision prospective.

Yokohama aura ainsi été le théâtre d’une démonstration de leadership africain, portée par un message clair : l’Afrique ne veut plus être spectatrice, mais actrice centrale d’une mondialisation rééquilibrée, fondée sur la confiance, la souveraineté économique et l’innovation partagée.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici