Dialogue État–presse : Yawa Kouigan échange avec les organisations professionnelles sur l’avenir du secteur

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Par René DOKOU, le 04 Février 2026

(IMPARTIAL ACTU)- La ministre de la Communication, Mme Yawa Kouigan, a reçu ce mardi 03 février 2026 les représentants des principales organisations professionnelles de la presse nationale, dans le cadre d’une rencontre d’échanges consacrée aux enjeux structurels et conjoncturels du secteur des médias. Étaient présents les responsables de l’OTM, du CONAPP, de l’URATEL, du PPT, de l’ATOPEL, de l’OPPEL, de l’UJIT et du SYNJIT, illustrant la diversité et la représentativité des acteurs conviés à cette concertation.

Cette rencontre s’inscrit dans la dynamique du dialogue permanent instauré entre le gouvernement et les professionnels de l’information. Elle visait à dresser un état des lieux sans complaisance des réalités auxquelles font face les entreprises de presse, tout en explorant les pistes de réformes susceptibles de renforcer la viabilité, la crédibilité et la compétitivité de l’écosystème médiatique national.

Au cœur des échanges, la situation économique préoccupante des médias a occupé une place centrale. Les représentants des organisations professionnelles ont unanimement souligné la fragilisation croissante des entreprises de presse, confrontées à l’érosion des recettes publicitaires, à l’augmentation des charges d’exploitation et à la concurrence accrue des plateformes numériques. Ces dernières, en captant une part substantielle des revenus publicitaires, bouleversent les modèles économiques traditionnels et accentuent la précarité financière des organes de presse, notamment ceux de l’audiovisuel et de la presse écrite.

Les mutations technologiques ont également soulevé des interrogations majeures sur la qualité de l’information diffusée. Dans un environnement marqué par la rapidité de circulation des contenus et la prolifération des réseaux sociaux, les professionnels ont alerté sur les risques liés à la désinformation, aux contenus non vérifiés et à l’affaiblissement des standards éthiques. Ils ont insisté sur la nécessité de préserver le journalisme professionnel comme rempart contre les dérives informationnelles et comme pilier du débat public.

La question du Fonds d’appui à la presse a, par ailleurs, été largement débattue. Les organisations professionnelles ont exprimé leurs attentes quant à son fonctionnement, à ses critères d’attribution et à son impact réel sur le développement des médias. Elles ont plaidé pour un mécanisme plus efficace, transparent et mieux adapté aux réalités actuelles du secteur, afin d’accompagner durablement les entreprises de presse dans leur restructuration et leur modernisation.

Autre point majeur abordé : la relecture des textes régissant l’exercice de la profession journalistique. Dans le contexte institutionnel de la Ve République, les acteurs de la presse ont estimé indispensable d’actualiser le cadre juridique et réglementaire afin de l’adapter aux évolutions du métier, aux nouvelles pratiques numériques et aux exigences de professionnalisation. Cette réforme, selon eux, doit permettre de garantir à la fois la liberté de la presse, la responsabilité des acteurs et la protection des professionnels.

Prenant la parole, la ministre Yawa Kouigan a réaffirmé l’attachement du gouvernement à une presse libre, responsable et professionnelle, qu’elle a qualifiée de « socle indispensable d’un débat démocratique apaisé et de la cohésion sociale ». Elle a souligné que les mutations en cours appellent des réponses concertées et pragmatiques, fondées sur une compréhension fine des défis du secteur.

Mme Kouigan a également insisté sur l’importance d’un dialogue régulier, structuré et inclusif avec les organisations professionnelles de la presse. Selon elle, seule une démarche de concertation permettra d’élaborer des réformes pertinentes, capables de concilier liberté d’expression, viabilité économique des médias et exigences éthiques. Elle a, en outre, réitéré la disponibilité de son département à accompagner les acteurs du secteur dans les processus de réflexion et de transformation en cours.

La rencontre a enfin mis en lumière la nécessité d’une implication accrue des professionnels des médias dans les chantiers de réforme. Dans une logique de co-construction, les participants ont convenu que les solutions durables ne peuvent émerger qu’à travers une collaboration étroite entre l’État et les acteurs de terrain, chacun apportant son expertise et sa vision.

À l’issue des échanges, les différentes parties ont exprimé leur volonté commune de maintenir et de renforcer ce cadre de dialogue ouvert et constructif. Un engagement partagé qui traduit l’ambition de bâtir un écosystème médiatique plus solide, plus crédible et mieux armé pour relever les défis de l’ère numérique, au service de l’information du public et de la démocratie.

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