Délestages récurrents : le gouvernement s’explique et présente sa stratégie énergétique

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Par René DOKOU, le 27 Juin 2026

(IMPARTIAL ACTU)- La question des délestages électriques a fait irruption dans l’hémicycle ce vendredi 26 juin 2026. Lors de la 5ᵉ séance plénière de la 1ʳᵉ session ordinaire, présidée par le Professeur Komi Selom Klassou, Président de l’Assemblée nationale, le ministre délégué auprès du ministre de l’Économie, chargé de l’Énergie et des Ressources minières, Robert Koffi Messan Eklo, a été invité à éclairer les députés sur les causes des perturbations électriques et les solutions envisagées.

Une interpellation parlementaire sur la crise énergétique

L’interpellation, initiée par l’honorable Hessou Passiwè, vice-président de la Commission agropastorale et du développement local, traduisait l’inquiétude des élus face à la multiplication des coupures dans plusieurs régions, y compris à Lomé. Le député a exigé des explications sur les origines de ces délestages, les mesures immédiates pour en limiter les effets et les perspectives de long terme pour garantir une alimentation stable.

Une dépendance énergétique fragilisée

Dans sa réponse, le ministre Eklo a pointé une baisse drastique des importations d’électricité en provenance du Ghana et du Nigéria. Alors que la demande nationale atteint près de 360 mégawatts aux heures de pointe, la production locale plafonne à environ 180 mégawatts. Les importations, habituellement de 110 mégawatts du Ghana et 115 mégawatts du Nigéria, ont chuté à certains moments à 20 et 70 mégawatts respectivement. Ce déficit explique les délestages répétés.

Le ministre a distingué les délestages liés à l’insuffisance de puissance des coupures techniques provoquées par des incidents de réseau, des travaux de maintenance ou des intempéries. Il a également relevé que les fortes chaleurs accentuent la consommation, aggravant la pression sur le système.

Des mesures d’urgence déjà engagées

Pour atténuer la crise, le gouvernement a mis en service en 2025 un premier groupe de production de 20 mégawatts, et un second de même capacité sera bientôt opérationnel. Des discussions sont en cours avec les fournisseurs d’électricité et de gaz afin de sécuriser les approvisionnements.

Parallèlement, la transition énergétique se poursuit avec la centrale solaire de Dapaong, d’une capacité de 25 mégawatts-crête, couplée à un système de stockage de 40 mégawattheures. Le ministre a exhorté les ménages et entreprises à adopter des comportements d’efficacité énergétique, notamment durant les heures de forte demande.

Horizon 2030 : une stratégie de souveraineté énergétique

Au-delà des mesures immédiates, le gouvernement déploie le pacte énergétique Togo Horizon 2030. Objectif : renforcer durablement la sécurité énergétique et réduire la dépendance extérieure. Chaque mégawatt supplémentaire représente un investissement d’environ un million de dollars, sans compter les coûts de renforcement du réseau.

Le ministre a souligné que les tensions mondiales compliquent l’acquisition d’équipements. La demande croissante liée au développement de l’intelligence artificielle et les conflits dans le Golfe rallongent les délais de livraison des installations.

Nouvelles infrastructures en préparation

Le plan prévoit la construction d’une centrale thermique de 120 mégawatts à Lomé et l’accélération des projets solaires : Sokodé (60 MWc), Awandjélo (42 MWc), extension de Blitta (+30 MWc et 10 MWh de stockage). À Kpimé, un projet hydroélectrique innovant de transfert d’énergie par pompage portera la capacité du site de 2 à 60 mégawatts, grâce à une centrale solaire de 100 mégawatts qui pompera l’eau le jour pour produire de l’électricité la nuit.

À terme, ces projets devraient porter les capacités solaires nationales à près de 400 mégawatts-crête, renforçant la résilience énergétique du pays.

Stockage et modernisation du réseau

Le gouvernement prévoit le déploiement progressif de batteries de grande capacité sur des points stratégiques du réseau afin de stabiliser l’alimentation et réduire les microcoupures, notamment dans les zones industrielles et administratives. La modernisation du réseau de transport et de distribution constitue également un axe majeur de la stratégie.

Le Parlement appelle à accélérer les investissements

À l’issue du débat, les députés ont salué les explications du ministre et les efforts déjà consentis. Le Président de l’Assemblée nationale, Komi Selom Klassou, a exhorté l’exécutif à intensifier les actions pour mettre fin aux délestages qui affectent les populations depuis plusieurs mois.

Il a rappelé que l’accès à une électricité fiable est un levier essentiel de développement économique, d’amélioration des conditions de vie et de compétitivité des entreprises. Les parlementaires ont insisté sur la nécessité d’accélérer les investissements pour garantir une souveraineté énergétique durable.

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