Pêche artisanale : Lomé trace la voie d’une modernisation durable

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Par René DOKOU, le 23 Juin 2026

(IMPARTIAL ACTU)-La capitale togolaise a accueilli lundi la 8e session du groupe de travail du Comité des pêches pour l’Atlantique Centre-Est (COPACE), entièrement consacrée à la pêche artisanale. L’événement a permis aux autorités de dresser un état des lieux et de dévoiler de nouvelles ambitions pour un secteur vital, mais encore fragile.

Un pilier économique et social

La pêche artisanale représente environ 1,3 % du PIB national et mobilise près de 12 000 femmes dans les activités post-capture. Chaque année, elle génère entre 20 000 et 25 000 tonnes de produits halieutiques, exclusivement issus de pratiques traditionnelles. Au-delà des chiffres, cette filière constitue un socle de subsistance pour des milliers de familles côtières.

Des réformes déjà engagées

Afin de préserver les ressources et d’améliorer la productivité, le gouvernement a multiplié les initiatives :

Repos biologique instauré depuis 2025, du 1er au 31 juillet, pour favoriser le renouvellement des stocks.

Subvention du carburant destinée à alléger les charges des pêcheurs.

Renforcement des garde-côtes pour lutter contre la pêche illicite.

Protection du littoral par l’installation d’épis et de brise-lames.

Vers une gouvernance numérique

Un nouveau programme de modernisation prévoit la création d’un fonds de développement agricole intégrant la pêche et l’aquaculture. Des outils numériques seront déployés pour améliorer la traçabilité, la gestion des données et la transparence dans la gouvernance du secteur. L’objectif affiché est de bâtir une filière moderne, inclusive et durable.

Une ambition nationale

« L’ambition du gouvernement est de bâtir un secteur halieutique moderne, inclusif, productif et durable, capable de garantir la souveraineté alimentaire du pays », a affirmé Konlani Dindiogue, représentant du ministère de la Pêche. Cette déclaration traduit une volonté politique forte : transformer la pêche artisanale en levier stratégique pour la sécurité alimentaire et la croissance.

Le rôle du COPACE

Créé sous l’égide de la FAO, le COPACE agit comme cadre de coopération entre les États côtiers de l’Atlantique Centre-Est. Sa mission est de promouvoir la gestion durable et la conservation des ressources halieutiques. La session de Lomé s’inscrit dans cette dynamique régionale, en mettant en avant les défis spécifiques du Togo et les solutions envisagées.

Un secteur en mutation

La pêche artisanale togolaise, longtemps perçue comme une activité de subsistance, est désormais au cœur d’une stratégie nationale de modernisation. Les réformes en cours visent à concilier productivité économique, préservation écologique et justice sociale. Si les ambitions affichées se concrétisent, le pays pourrait devenir un modèle régional en matière de gestion durable des ressources maritimes.

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