Par René DOKOU, le 08 Mai 2025
(IMPARTIAL ACTU)- Le président de la Transition, Assimi Goïta, a annoncé ce mercredi la suspension jusqu’à nouvel ordre de toutes les activités des partis politiques sur l’ensemble du territoire malien.
La mesure, annoncée à l’issue du Conseil des ministres et relayée par la télévision nationale ORTM, concerne également les associations et organisations à caractère politique. Une décision lourde de conséquences, prise en pleine montée des tensions entre pouvoir militaire et opposition.
Cette annonce survient moins d’une semaine après le début d’un mouvement de contestation d’ampleur inédite et à seulement deux jours d’un rassemblement prévu ce vendredi 9 mai à la place de l’Indépendance de Bamako. L’événement, organisé par une coalition de partis et d’acteurs de la société civile, visait à dénoncer le projet de dissolution des partis politiques, le maintien des militaires au pouvoir sans élections depuis cinq ans, le non-respect de la Constitution, les coupures d’électricité, et la hausse des taxes qualifiées d’« injustes ».
Une interdiction de fait du rassemblement
Avec cette suspension générale, le gouvernement interdit de facto la tenue du rassemblement prévu vendredi. Une manœuvre perçue comme une tentative d’étouffer toute contestation politique. Pourtant, les organisateurs du mouvement ne comptent pas en rester là. Joint par RFI, un membre de la commission d’organisation a déclaré vouloir contester juridiquement la décision, réclamant son annulation immédiate « en procédure d’urgence ». Mais les chances d’obtenir gain de cause d’ici vendredi semblent minces.
Vers de nouvelles formes de mobilisation
Les leaders de la contestation affirment avoir anticipé cette interdiction. « Nous avons des plans B et C », déclarait l’un d’eux plus tôt dans la semaine, évoquant notamment l’élargissement du mouvement à d’autres régions du pays et l’implication d’organisations issues de la société civile. L’objectif : maintenir la pression sans tomber dans « le piège de la violence ».
Pour certains chefs politiques, cette suspension est le signe d’une fébrilité du pouvoir. « C’était prévisible. Ils ne nous laissent plus d’autre choix que d’avancer », confie un chef de parti. Un ancien ministre y voit même une tentative désespérée de conserver le contrôle : « On ne peut indéfiniment gouverner par la peur et les intimidations. Lorsque le peuple malien refuse et se lève, plus rien ne peut l’arrêter. »
Une escalade politique sous haute tension
Cette nouvelle crise politique intervient dans un climat déjà tendu. Les espoirs d’un retour rapide à l’ordre constitutionnel s’amenuisent, et les suspicions de dérive autoritaire se multiplient. La scène politique malienne se retrouve désormais muselée, alors que la société civile, elle, semble prête à prendre le relais.
Reste à savoir si la contestation trouvera de nouveaux moyens d’expression ou si la répression finira par étouffer un mouvement naissant mais déterminé.
















