Par René DOKOU, le 14 Janvier 2026
(IMPARTIAL ACTU)- Les procureurs sud-coréens ont requis, mardi 13 janvier 2026, la peine de mort contre l’ancien président Yoon Suk-yeol, jugé pour insurrection après sa tentative de coup de force en décembre 2024. L’accusation estime que l’ex-chef de l’État s’est placé « à la tête d’une véritable insurrection » en instaurant brièvement la loi martiale sur l’ensemble du territoire afin de se maintenir au pouvoir.
« Aucune circonstance atténuante ne saurait être retenue », ont affirmé les procureurs, jugeant qu’« une sanction sévère s’impose » face à la gravité des faits. Bien que toujours en vigueur en Corée du Sud, la peine capitale n’y a plus été appliquée depuis 1997.
Dans sa dernière déclaration avant la mise en délibéré, Yoon Suk-yeol a rejeté toute accusation de dérive autoritaire. Il a assuré n’avoir fait qu’user de ses prérogatives constitutionnelles, affirmant que son initiative visait à « sauvegarder la liberté et la souveraineté » et à « renforcer l’ordre constitutionnel », selon l’agence Yonhap. Le verdict est attendu le 19 février.
Le 3 décembre 2024 au soir, l’annonce télévisée de la loi martiale par le président avait sidéré le pays. Des troupes avaient été déployées autour du Parlement pour en empêcher le fonctionnement. Quelques heures plus tard, le décret avait été suspendu après que des députés eurent réussi à se réunir pour voter sa levée.
Ancien procureur, Yoon Suk-yeol est jugé depuis février 2025 à Séoul aux côtés de sept autres accusés, dont son ex-ministre de la Défense et l’ancien chef de la police. Sa défense a tenté mardi de le présenter comme une figure injustement condamnée, le comparant à Galilée ou Giordano Bruno. « La majorité ne révèle pas toujours la vérité », ont plaidé ses avocats.
Premier président sud-coréen en exercice à avoir été arrêté, en janvier 2025, Yoon Suk-yeol avait été officiellement destitué en avril par la Cour constitutionnelle, au terme de mois de manifestations et de crise politique. Remis en liberté en mars pour vice de procédure, il a été de nouveau incarcéré en juillet, les juges redoutant la destruction de preuves.
S’il est reconnu coupable, il deviendra le troisième ex-président sud-coréen condamné pour insurrection, après Chun Doo-hwan et Roh Tae-woo. L’ancien dirigeant fait par ailleurs face à plusieurs autres procès, notamment pour entrave à la justice et pour des provocations présumées envers la Corée du Nord, dans un contexte judiciaire sans précédent pour un ancien chef de l’État sud-coréen.
















