CEDEAO : entre bilan des 50 ans et tournant historique à Abuja

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Par René DOKOU, le 22 Juin 2025

(IMPARTIAL ACTU)-  La 67e session ordinaire de la Conférence des Chefs d’État et de Gouvernement de la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) s’est ouverte ce dimanche dans la capitale nigériane. Cette rencontre, qui marque les cinq décennies d’existence de l’organisation régionale, s’annonce décisive tant par les enjeux institutionnels que politiques qui y sont débattus.

Une session anniversaire au goût particulier
Fondée le 28 mai 1975 à Lagos avec l’ambition de bâtir une union économique et d’assurer l’autosuffisance collective de ses membres, la CEDEAO aborde aujourd’hui une phase charnière. Réduite désormais à douze pays, l’organisation sous-régionale se confronte à la réalité du retrait du Mali, du Burkina Faso et du Niger, membres fondateurs ayant récemment formé l’Alliance des États du Sahel (AES).

À l’ouverture de la session, les Chefs d’État ont salué les acquis de l’organisation sur les plans économique, commercial et politique. Toutefois, le climat est empreint de prudence, tant le contexte régional est marqué par des tensions diplomatiques et des repositionnements stratégiques.

Diomaye Faye pressenti à la présidence tournante

Au cœur des discussions figure également le renouvellement de la présidence en exercice de la CEDEAO. Selon des sources proches du sommet, le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye, récemment élu et porteur d’un discours panafricaniste modéré, pourrait succéder à Bola Ahmed Tinubu, président du Nigéria. Ce choix, s’il se confirme, pourrait insuffler une nouvelle dynamique à l’institution, notamment dans sa quête de stabilité et de réconciliation sous-régionale.

Le défi du départ du trio sahélien

Autre dossier crucial abordé : le retrait en cours du Mali, du Burkina Faso et du Niger. La veille, ces pays avaient été invités à un forum économique organisé en prélude au sommet, mais aucun n’a répondu à l’appel. Le président de la Commission de la CEDEAO, Omar Alieu Turay, devrait présenter l’état d’avancement des négociations relatives à leur départ, qui devrait devenir effectif le 29 juillet prochain.

Cette séparation marque une rupture inédite depuis la création de l’organisation. L’AES, qui regroupe ces trois pays, entend se positionner comme une confédération souveraine, contestant le leadership et les orientations actuelles de la CEDEAO, notamment sur les questions de gouvernance et de sécurité.

Un tournant stratégique pour la CEDEAO

La CEDEAO se retrouve donc à un carrefour. Au-delà des hommages rendus pour ses 50 ans, c’est bien la réinvention de son rôle, de sa cohésion et de sa capacité à préserver la paix régionale qui est au cœur des réflexions. Avec la montée en puissance des défis sécuritaires, économiques et géopolitiques, les dirigeants sont appelés à redéfinir les priorités et à renforcer les mécanismes d’intégration.

Les regards sont tournés vers Abuja, dans l’attente de décisions concrètes qui pourraient marquer une nouvelle étape pour l’avenir de la communauté ouest-africaine.

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