Par René DOKOU, le 10 Décembre 2025
(IMPARTIAL ACTU)- L’Assemblée nationale a adopté, mardi 9 décembre, en première lecture, le budget de l’État pour l’exercice 2026. Fixé à 2 751,5 milliards de francs CFA, ce budget s’inscrit dans la ligne de continuité affichée par le gouvernement togolais : accompagner la dynamique économique, accélérer la transformation sociale et consolider les réformes structurelles engagées depuis plusieurs années. Avec une progression de 14,8 % par rapport à 2025, cette enveloppe marque l’une des hausses les plus significatives de la décennie.
Présenté devant les députés par le ministre de l’Économie et des Finances, Georges Barcola, le texte n’a subi que de légers ajustements en commission, portant notamment sur des réallocations ciblées. Le projet initial, qui s’élevait à 2 740,5 milliards, a ainsi été marginalement rehaussé sans modification profonde de son architecture. Le budget reste équilibré en ressources et en charges, conformément aux normes de gestion des finances publiques.
Une hausse orientée vers les priorités nationales
Cette évolution budgétaire s’aligne sur les priorités fixées par l’exécutif dans la feuille de route gouvernementale. Deux axes majeurs concentrent une partie substantielle des dépenses : la transformation économique, dotée de 407 milliards FCFA, et le renforcement de l’État, auquel sont alloués 324 milliards FCFA. Ces crédits couvrent notamment la modernisation des infrastructures, l’appui aux secteurs productifs, ainsi que l’amélioration continue des services publics.
La philosophie du budget 2026, soulignent les rapporteurs de la Commission des finances, repose sur une double logique : soutenir la croissance dans un contexte régional contraint et préserver les investissements structurants engagés, malgré les tensions économiques observées dans l’espace ouest-africain.
Le social, première priorité du gouvernement
Fait marquant : les secteurs sociaux absorbent près de 48 % de l’ensemble des dépenses. Cette orientation confirme la volonté du gouvernement de placer l’inclusion au centre de l’action publique. Éducation, santé, eau potable, énergie et protection sociale constituent les principaux postes bénéficiaires, avec des investissements destinés à répondre à une demande démographique soutenue.
Selon plusieurs députés, cet effort répond à la nécessité de consolider les avancées observées ces dernières années : amélioration de la couverture sanitaire, extension des infrastructures scolaires, programmes d’accès universel à l’eau et à l’électricité, et déploiement renforcé des dispositifs de protection sociale.
Pour les parlementaires favorables au texte, cet accent social constitue un levier essentiel pour soutenir la cohésion nationale, réduire les inégalités et favoriser la montée en compétences d’une jeunesse représentant l’ossature du pays.
Soutenabilité budgétaire et vigilance parlementaire
Si le gouvernement se félicite de la progression du budget, il insiste également sur la nécessité d’une mobilisation accrue des recettes internes. L’objectif est clair : réduire la dépendance aux financements extérieurs, accroître la résilience financière du pays et sécuriser durablement la capacité d’investissement public.
Au cours des débats, plusieurs élus ont néanmoins souligné l’importance d’une gestion rigoureuse des crédits pour éviter les dérapages et garantir l’efficacité de l’exécution budgétaire. La trajectoire de soutenabilité reste jugée solide, mais sous étroite surveillance dans un environnement international marqué par des incertitudes économiques.
Cap sur le Sénat pour la deuxième lecture
Conformément au processus législatif de la Ve République, le projet adopté par l’Assemblée nationale sera transmis au Sénat pour une seconde lecture. L’adoption définitive est attendue avant la fin du mois de décembre, condition indispensable pour permettre l’entrée en vigueur du budget au 1ᵉʳ janvier 2026.
Le président de l’Assemblée nationale, Komi Sélom Klassou, a rappelé lors de l’ouverture des travaux l’importance du bicaméralisme dans le contrôle démocratique des politiques publiques. Selon lui, ce double examen permettra de renforcer la transparence budgétaire et de garantir que les arbitrages réalisés reflètent fidèlement les priorités nationales.
Un budget tourné vers la transformation du pays
Avec ce cadrage financier ambitieux, le Togo réaffirme son cap : bâtir un modèle de développement fondé sur l’inclusion sociale, la modernisation économique et la consolidation institutionnelle. Le budget 2026 se veut ainsi à la fois un outil de stabilisation, un instrument de projection et un gage de continuité dans la mise en œuvre des réformes engagées.
À travers cette enveloppe, l’exécutif entend poursuivre la transformation du pays, accélérer les programmes déjà lancés et répondre aux défis d’une société jeune, dynamique et en quête d’opportunités nouvelles. Le débat budgétaire devrait désormais se poursuivre au Sénat, dernière étape avant l’adoption finale d’un texte qui façonnera l’action publique pour l’année à venir.
















