Par René DOKOU, le 23 Décembre 2025
(IMPARTIAL ACTU)- L’Assemblée nationale togolaise a adopté, à la majorité absolue, la loi de finances rectificative pour l’exercice 2025, lors d’une séance plénière tenue lundi 22 décembre 2025. Ce vote marque une étape clé dans la gestion budgétaire de l’État, traduisant un ajustement stratégique des prévisions financières afin de mieux répondre aux réalités économiques, sociales et sécuritaires du pays.
Avec cette révision, le budget de l’État est désormais arrêté à 2 436 milliards de francs CFA, aussi bien en ressources qu’en charges, contre 2 396,6 milliards de francs CFA dans la loi de finances initiale. L’écart, évalué à 39,4 milliards de francs CFA, reflète la volonté des pouvoirs publics d’adapter l’action gouvernementale en cours d’exécution, sans remettre en cause les grands équilibres macroéconomiques.
Selon les explications fournies par le gouvernement représenté par le ministre en charge de l’économie et des finances M. Essowoè Barcola, ce collectif budgétaire s’inscrit dans une logique de réalisme et de responsabilité. Il vise à corriger certaines projections initiales, à optimiser l’utilisation des crédits publics et à intégrer de nouveaux besoins apparus au fil de l’année. Dans un contexte régional marqué par des défis sécuritaires persistants et des pressions socioéconomiques croissantes, l’État togolais a jugé nécessaire de réajuster ses priorités.
La loi de finances rectificative repose sur trois axes majeurs. Le premier concerne la réduction des crédits non consommés, afin de limiter les inefficiences et d’améliorer la qualité de la dépense publique. Le deuxième axe porte sur la prise en charge de besoins urgents, notamment dans les domaines de la sécurité et de la stabilité nationale. Enfin, le troisième pilier vise à assurer la conformité du budget aux exigences de la loi organique relative aux lois de finances, garantissant ainsi une meilleure transparence et une gouvernance budgétaire plus rigoureuse.
Comme dans la loi de finances initiale, le collectif budgétaire 2025 confirme la priorité accordée aux dépenses sociales. Celles-ci représentent désormais 50,8 % des dépenses budgétaires, contre 49,6 % auparavant. En valeur absolue, les crédits alloués aux secteurs sociaux atteignent 679,8 milliards de francs CFA, contre 659,3 milliards de francs CFA dans la version initiale du budget. Cette progression traduit l’engagement du gouvernement à renforcer l’accès des populations aux services essentiels, notamment dans l’éducation, la santé, la protection sociale et l’inclusion économique.
Les ressources additionnelles dégagées par cette révision budgétaire permettront également de consolider le financement de programmes jugés prioritaires pour le développement national. Il s’agit, entre autres, de projets structurants destinés à soutenir la croissance, à améliorer les infrastructures et à stimuler l’emploi, tout en renforçant la résilience de l’économie face aux chocs internes et externes.
À travers l’adoption de cette loi de finances rectificative, l’exécutif togolais affiche clairement sa volonté d’ajuster son action aux réalités du moment, tout en poursuivant ses objectifs de développement à moyen et long terme. Pour les autorités, ce réajustement budgétaire constitue un outil de pilotage essentiel, destiné à apporter des réponses plus ciblées aux défis conjoncturels et à accompagner efficacement la mise en œuvre des politiques publiques en 2025.
















