Par René DOKOU, le 24 Juin 2025
(IMPARTIAL ACTU)- Le ministre de la Fonction publique, du Travail et du Dialogue social, Gilbert Bawara, s’est exprimé ce mardi sur plusieurs sujets d’actualité qui suscitent de vives réactions au sein de l’opinion togolaise. Au cœur des débats : l’interpellation controversée de l’artiste Aamron, survenue dans la nuit du 26 mai 2025, à Lomé. Une arrestation qualifiée par certains d’« arbitraire », mais que le ministre a replacée dans un contexte plus large de responsabilité citoyenne.
Une interpellation regrettable, mais justifiée selon le gouvernement
Dès l’entame de son intervention, le ministre Bawara a reconnu le caractère « malheureux et regrettable » de la situation. Toutefois, il a tenu à souligner que l’artiste n’était pas un simple citoyen sans histoire. Selon lui, il est essentiel de considérer la nature des propos tenus par Aamron avant son interpellation.
« Nous ne parlons pas d’un citoyen tranquille, n’ayant rien fait du tout, qui aurait été victime d’un État répressif », a insisté le ministre, rappelant que la liberté d’expression, bien que garantie au Togo, ne saurait justifier l’injure publique ou la diffamation envers les institutions ou des personnes.
Liberté d’expression oui, mais dans les règles de la République
Gilbert Bawara a réaffirmé l’attachement du gouvernement togolais aux libertés fondamentales, notamment celles d’opinion et d’expression. Il a néanmoins précisé qu’aucune démocratie ne peut tolérer les dérives verbales ou les comportements excessifs, même sous couvert de critique artistique ou politique.
« Un citoyen peut critiquer ce qu’il considère comme insatisfaisant. Mais cela ne justifie pas les comportements inappropriés observés chez cet artiste », a-t-il martelé, appelant à un usage responsable de la parole publique, particulièrement de la part des personnalités publiques.
Un signal d’ouverture et de soutien
Le ministre s’est toutefois réjoui de l’issue rapide de cette affaire judiciaire, qu’il qualifie de « dénouement heureux », illustrant une volonté claire d’apaisement de la part des autorités. Il a également lancé un message d’ouverture, évoquant un possible accompagnement de l’artiste par l’État.
« Si lui-même ou sa famille estime qu’il a besoin d’un soutien, que ce soit de bonnes volontés ou des pouvoirs publics, pourquoi pas du gouvernement, […] il doit pouvoir compter sur cette aide », a déclaré Gilbert Bawara, mentionnant notamment un soutien pour la prise en charge sanitaire et la relance des activités professionnelles d’Aamron.
Responsabiliser la jeunesse face à la manipulation
Au-delà du cas Aamron, le ministre a saisi l’occasion pour s’adresser à la jeunesse togolaise. Il a appelé les jeunes à faire preuve de discernement et à éviter de se laisser entraîner dans des discours haineux ou manipulés. Pour lui, la critique est légitime, mais elle doit s’inscrire dans le cadre du respect mutuel et des valeurs républicaines.
Une affaire qui interpelle
L’affaire Aamron révèle la complexité de la gestion des libertés publiques dans une société démocratique en construction. Entre le droit à l’expression et la nécessité du respect des institutions, le gouvernement togolais cherche à poser un cadre clair, tout en affichant une volonté de dialogue et de réconciliation. Reste à savoir si cette position saura convaincre, à la fois dans les rangs des défenseurs des droits humains et auprès d’une jeunesse de plus en plus exigeante.
















