Togo : après les quinze accords de Chine, quelle place pour l’ACP-PIA dans la douane intelligente ?

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Par René DOKOU, le 28 Octobre 2026

(IMPARTIAL ACTU)- Parmi les quinze accords signés lors de la mission du Président du Conseil en Chine, plusieurs touchent aux douanes, au numérique et à la logistique. Leur mise en œuvre relève des autorités de l’État. Elle intéressera toutefois les entreprises de la Plateforme industrielle d’Adétikopé (PIA), dont l’ACP-PIA assure la supervision, dans le cadre de la politique d’industrialisation du pays.

Des accords conclus au plus haut niveau de l’État

Du 9 au 16 octobre 2026, le Président du Conseil Faure Essozimna Gnassingbé a effectué une mission en République populaire de Chine. Cette visite, placée sous le signe d’une diplomatie au service du développement économique et social, a abouti à quinze accords publics et privés, dont des protocoles d’accord dans les domaines du soja, du commerce électronique et des douanes.

Ces engagements ont été souscrits par l’État. Leur déclinaison revient donc aux institutions compétentes, au premier rang desquelles les administrations en charge des douanes et du commerce. Le bilan de la mission rappelle d’ailleurs qu’il appartient aux administrations d’assurer le suivi des engagements et de veiller à leur mise en œuvre effective.

Un volet douanier et numérique structurant

Parmi ces accords, le programme des Opérateurs économiques agréés (OEA) associe l’Office togolais des recettes (OTR) à l’administration douanière chinoise. Il doit faciliter les échanges et fluidifier les procédures commerciales, en ouvrant de nouvelles possibilités aux opérateurs économiques togolais.

L’accord entre le gouvernement et Huawei couvre pour sa part la connectivité et l’innovation technologique, avec un accent sur l’énergie, le transport intelligent et la douane intelligente. L’objectif est de moderniser les infrastructures, d’optimiser les services et de renforcer l’efficacité des administrations publiques. La concrétisation de ces partenariats dépendra toutefois de la capacité des opérateurs à s’approprier les nouveaux outils.

La PIA, un espace d’entreprises directement concerné

La PIA d’Adétikopé réunit des entreprises qui importent des équipements et exportent des produits transformés. Elle dispose d’un Guichet Unique et d’un E-GUICHET pour les démarches des entreprises, ainsi que d’un Inland Container Depot, d’activités d’expédition de fret et d’un entrepôt frigorifique. En juin 2026, elle comptait 22 industries installées et cinq unités en construction, notamment dans l’agro-industrie, le textile, la pharmacie et la logistique.

Cette plateforme s’inscrit dans la politique d’industrialisation portée par le Président du Conseil. Les entreprises qui y sont installées ont un intérêt évident à des procédures douanières plus rapides et plus prévisibles. À ce titre, elles figurent parmi les bénéficiaires potentiels des dispositifs annoncés.

Un rôle qui dépendra des orientations des autorités

La place que pourrait occuper l’ACP-PIA dans ce dispositif n’est pas définie à ce stade. Elle dépendra des orientations que fixeront les autorités compétentes, dans le respect des attributions de chaque institution. Plusieurs pistes peuvent être évoquées, à titre d’illustration seulement :

un accompagnement des entreprises de la plateforme dans la compréhension des nouvelles procédures, si les autorités en décidaient ainsi ;
une articulation entre les outils numériques déjà en place et les futurs dispositifs de douane intelligente, selon les choix techniques qui seront arrêtés ;
une contribution de la plateforme à la chaîne logistique, au regard des infrastructures dont elle dispose.

Aucune de ces pistes ne préjuge des décisions qui seront prises. Le pilotage de la douane intelligente et du statut d’opérateur agréé revient aux administrations compétentes, au premier rang desquelles l’OTR.

Un enjeu commercial concret

Les chiffres avancés montrent l’importance de ces procédures. Les exportations togolaises vers la Chine sont passées de 250 millions de dollars en 2024 (environ 147 milliards de FCFA) à 1,28 milliard de dollars en 2025 (environ 749 milliards de FCFA). Le volume global des échanges a atteint 5,43 milliards de dollars (environ 3 180 milliards de FCFA), en hausse d’environ 55 %.

Le bilan de la mission souligne la nécessité de rééquilibrer progressivement ces flux en faveur de la production nationale, par la diversification des produits exportés, la transformation locale des matières premières et l’amélioration de la qualité. Des procédures douanières simplifiées pourraient contribuer à cet objectif, au bénéfice des entreprises qui transforment sur place.

Les points à suivre

Plusieurs questions se poseront dans les prochains mois, en premier lieu pour les autorités chargées de la mise en œuvre :

selon quels critères les entreprises pourront-elles accéder au statut d’opérateur agréé ?
comment la douane intelligente sera-t-elle déployée, et selon quel calendrier ?
comment les outils numériques existants, dont ceux de la PIA, seront-ils articulés avec les nouveaux dispositifs ?

L’heure de la mise en œuvre

Les accords de Chine ouvrent des perspectives à l’ensemble de l’économie togolaise. Pour les entreprises de la PIA, l’enjeu sera de voir ces engagements se traduire en procédures plus simples et plus rapides. Cette évolution se fera sous l’impulsion des autorités, au rythme qu’elles arrêteront, et avec le concours de toutes les structures concernées, dont l’ACP-PIA, dans le cadre qui sera défini.

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