Succession : la CCI-Togo exhorte les patrons d’entreprise à anticiper

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Par René DOKOU, le 28 Octobre 2026

(IMPARTIAL ACTU)- Devant des chefs d’entreprise, des familles entrepreneuriales et des repreneurs réunis à Lomé, le président de la Chambre de commerce et d’industrie du Togo a lancé un message sans détour : la transmission d’une entreprise se prépare bien avant qu’elle ne devienne une urgence.

« Ne pas attendre que la question de leur succession devienne urgente. » Tel est, en substance, l’appel adressé par le Dr José Kwassi Symenouh, président de la Chambre de commerce et d’industrie du Togo (CCI-Togo), aux dirigeants présents à l’Afterwork Familles & Repreneurs, organisé le vendredi 23 octobre 2026 à l’hôtel Sancta Maria, à Lomé. Parrain de la rencontre, il a fait de l’anticipation la condition de la pérennité des entreprises.

Une continuité qui ne va pas de soi

Le message tient en une idée : la durée d’une entreprise n’est pas acquise. « Cette continuité ne va pas de soi. Elle se prépare », a insisté le président de la CCI-Togo. Selon lui, la réussite d’une entreprise ne se mesure pas seulement à sa capacité à créer de la richesse, à conquérir des marchés ou à générer des emplois, mais aussi à sa faculté de traverser le temps, de transmettre son savoir-faire et de préparer la relève.

Il a rappelé que créer une entreprise est un défi, la faire grandir en est un autre, et assurer sa continuité au-delà de son fondateur constitue une responsabilité tout aussi importante.

Ce que suppose la préparation

Le Dr Symenouh a détaillé ce que recouvre cette préparation. Elle suppose d’anticiper, d’organiser la gouvernance, de clarifier les responsabilités et de préparer les futurs dirigeants. Elle exige aussi, lorsque cela est nécessaire, de distinguer les relations familiales des exigences de gestion de l’entreprise, et de savoir évoluer, innover et s’adapter aux nouvelles réalités du marché.

Transmettre, a-t-il précisé, ne se limite pas à léguer une entreprise. Il s’agit de transmettre une vision, des compétences et des valeurs, ainsi que la capacité de poursuivre une œuvre tout en lui donnant un nouvel élan.

Un message pour chaque acteur

Le parrain s’est adressé successivement à trois catégories de participants.

Aux chefs d’entreprise, il a demandé de ne pas attendre que leur succession devienne urgente pour s’y intéresser. Aux membres des familles entrepreneuriales, il a recommandé de se préparer à leurs futures responsabilités. Aux repreneurs, il a suggéré de considérer les entreprises existantes non seulement comme des opportunités d’investissement, mais aussi comme des activités à consolider, des emplois à préserver et des savoir-faire à faire évoluer.

Il a ajouté que, lorsque la relève familiale n’est pas possible ou ne correspond pas au projet de l’entreprise, la reprise par un entrepreneur extérieur peut constituer une voie pour préserver l’activité, les emplois et la valeur créée.

L’enjeu : ne pas perdre ce qui a fait ses preuves

L’argument du président de la CCI-Togo est autant économique qu’institutionnel. Au Togo, a-t-il relevé, des entreprises se construisent depuis des années grâce à l’engagement et à la persévérance de femmes et d’hommes, souvent partis de moyens modestes. Certaines ont grandi, se sont diversifiées et ont créé des emplois. D’autres ont préservé un savoir-faire et fidélisé leur clientèle.

Leur disparition, faute d’une transmission préparée, représenterait « une perte pour notre tissu entrepreneurial », a-t-il averti. Préserver une entreprise viable, c’est aussi préserver des emplois, des compétences et une part de la richesse créée dans le pays. Le Dr Symenouh a indiqué que la Chambre, qui accompagne les entreprises et défend les intérêts du secteur privé, porte une attention particulière à la pérennité des entreprises et à la valorisation des savoir-faire.

Du réseautage aux actes

Le président de la CCI-Togo a salué l’initiative de Mme Eyram Koffidjin, fondatrice de « Transmission et Héritage », qui crée un espace de dialogue entre familles, entrepreneurs et repreneurs. Il a souhaité que la rencontre ne soit pas seulement un moment de convivialité et de réseautage, mais le point de départ de conversations utiles, de collaborations concrètes et, a-t-il dit, de nouvelles reprises d’entreprises réussies.

Il a enfin formé le vœu que l’initiative gagne en visibilité au fil des éditions, afin de mieux faire connaître les entreprises familiales togolaises, leurs réussites, leurs défis et leur potentiel.

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