Agoè-Nyivé 1 : les comptes de 2026 passés au crible, cap sur 2027

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Par René DOKOU, le 22 Octobre 2026

(IMPARTIAL ACTU)- Élus, représentants de l’État, chefferie traditionnelle, délégués des comités de développement à la base et société civile se sont retrouvés mercredi 21 octobre à Agoè-Nyivé 1. Au programme de cette journée publique : la reddition des comptes de l’exercice 2026, puis le Débat d’orientation budgétaire (DOB) pour 2027. Malgré des discours convergents sur la méthode, aucun chiffre n’a été avancé.

Empêché par ses obligations, le Préfet s’est fait représenter par le Dr Kombaté Soguibabe. La Maire, Mme Akossiwa Aguzé, et le chef canton se sont également exprimés à l’ouverture des travaux.

Le marché d’Assiyéyé, chantier emblématique

Parmi les dossiers évoqués, un seul s’est détaché des autres : la reconstruction du grand marché d’Agoè-Nyivé Assiyéyé. La Maire a insisté sur son importance pour le développement économique et social de la commune. Elle a promis de poursuivre les réflexions et les démarches nécessaires pour le concrétiser.

Les propos recueillis ne donnent toutefois ni calendrier, ni plan de financement pour cet équipement.

Un cap en trois verbes

Mme Aguzé a inscrit l’action communale dans un triptyque : « Protéger, Rassembler, Transformer ».

Protéger : consolider les finances, préserver les acquis et répondre aux besoins essentiels, en particulier ceux des plus vulnérables.
Rassembler : renforcer le dialogue et la participation des citoyens.
Transformer : orienter les ressources vers des investissements utiles et durables.

Elle a également énuméré les priorités qui devront nourrir les débats : l’assainissement, l’aménagement des voies, l’éclairage public, les infrastructures sociales de base, l’autonomisation des femmes, l’épanouissement des jeunes et l’intégration de l’approche genre dans les politiques locales.

La Maire a par ailleurs rendu hommage au Président du Conseil pour son engagement en faveur de la paix, de la cohésion sociale et du vivre-ensemble. Elle a aussi salué les orientations du ministère chargé de l’Administration territoriale et de la Gouvernance locale.

Mobiliser les ressources propres

Pour Mme Aguzé, les ambitions de 2027 dépendront largement de la capacité de la commune à mobiliser ses ressources propres. Elle a appelé chaque acteur à mesurer sa part de responsabilité dans cet effort.

Le chef canton a tenu un langage similaire, celui de la rigueur. Il a exhorté les participants à bâtir un budget communal objectif, condition pour qu’il soit validé par l’autorité de tutelle.

Les mots de la chefferie

Le chef canton a ouvert sa prise de parole par une action de grâce à Dieu et aux mânes des ancêtres. Au nom de la population, il a souhaité la bienvenue aux participants et plaidé pour l’union, la concorde et la disponibilité.

Il a décrit le DOB comme une étape légale déterminante, qui précède le vote du budget primitif et fixe les orientations stratégiques. Il a enfin formulé une doléance concrète : le reprofilage de la voie qui relie l’église Marie Théotokos au stade de Kégué.

Le DOB, un budget qui prend forme avant les chiffres

Le représentant du Préfet a précisé la portée du DOB. Cet exercice ne vote aucun montant. Il donne, selon lui, « une âme » au futur budget en répondant à une question simple : que voulons-nous faire pour notre commune en 2027 ?

Il a présenté 2027 comme une année charnière dans l’application de la feuille de route gouvernementale 2026-2031. Celle-ci s’articule autour de trois axes, en cohérence avec la vision Togo 2040 et la politique nationale de décentralisation. Le budget communal doit, a-t-il dit, en constituer la traduction territoriale. Ces axes sont :

la soutenabilité financière, car « un budget sincère vaut mieux qu’un budget volumineux non exécutable » ;
un budget pensé comme outil de participation, de synergie et de mutualisation ;
la priorité donnée aux investissements à fort impact pour la transformation économique.

La redevabilité, une exigence de la loi

Le Dr Soguibabe a rappelé que cette séance est prévue par la loi relative à la décentralisation et aux libertés locales. Elle traduit deux principes chers au Président du Conseil : la transparence et la redevabilité.

La reddition des comptes, a-t-il martelé, « n’est pas une simple formalité administrative ». Elle est l’acte par lequel les élus rendent compte, à ceux qui les ont mandatés, de l’usage des ressources publiques. Il a souligné que la population est désormais « connectée et exigeante ».

Des chiffres encore attendus

Les interventions ont fixé une direction, sans l’étayer de données. Les propos recueillis ne mentionnent ni le montant du budget 2026, ni le taux d’exécution, ni l’enveloppe envisagée pour 2027. La reddition des comptes proprement dite, qui suppose des chiffres, reste donc à documenter.

La crédibilité de la ligne affichée, entre sobriété budgétaire, mobilisation des ressources propres et grands projets comme le marché d’Assiyéyé, se jugera au budget primitif que le conseil municipal aura à voter.

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