Par René DOKOU, 22 Octobre 2026
(IMPARTIAL ACTU)- Produire ce que l’on consomme et consommer ce que l’on produit. Tel est le mot d’ordre lancé ce 22 octobre à Lomé par Mme Adovon Améyo Kafui, Directrice de la consommation locale, lors d’une conférence publique tenue dans le cadre de la septième édition du Mois du Consommer Local.
Une urgence face aux chocs extérieurs
L’événement, ouvert par le Directeur du commerce, s’articule autour d’une thématique : la consommation locale comme levier d’intégration régionale et de souveraineté économique. Pour Mme Adovon, ce choix découle d’un constat. Les économies de l’espace communautaire sont régulièrement ébranlées par des crises venues de l’extérieur. Afin de mieux protéger les populations, les États gagneraient à s’appuyer sur leurs propres capacités de production et à écouler ces richesses sur leurs marchés.
Le Togo face à des marchés élargis
Mme Adovon a rappelé que le Togo appartient à un espace communautaire et à la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). Ces dispositifs, a-t-elle expliqué, doivent faciliter l’accès des transformateurs togolais à de nouveaux débouchés.
Elle a aussi salué l’action du gouvernement en faveur des infrastructures de qualité. Le ministre de l’Économie les a visitées durant cette édition. Leur plateau technique, a estimé la Directrice, n’a rien à envier à celui des laboratoires d’autres pays.
Dix ans de mobilisation… ou presque : un mois né à Ouagadougou
Le mois d’octobre a été consacré mois du consommer local par une décision des ministres du Commerce de la région, réunis à Ouagadougou le 25 octobre 2019. Depuis, le Togo a organisé six éditions, à Lomé comme à l’intérieur du pays.
Des résultats jugés encourageants
Mme Adovon se dit satisfaite du chemin parcouru. La plupart des transformateurs ont vu leur chiffre d’affaires progresser de plus de 40 %. Elle y voit en partie l’effet du cadre réglementaire instauré par le gouvernement, notamment une note circulaire invitant les responsables à privilégier les produits d’origine locale.
Les articles « made in Togo » ont gagné en visibilité. On les trouve dans les grandes surfaces, dans des vitrines telles que le Togo Mall et le CETEF, ainsi que dans des points de vente dédiés. La population, selon la Directrice, leur accorde une confiance accrue.
Aux transformateurs : se rapprocher des laboratoires, mieux communiquer
La Directrice a exhorté les transformateurs à fréquenter davantage ces infrastructures de qualité, à mieux s’organiser et à renforcer leur communication. Faute d’information, a-t-elle souligné, le public ne peut pas savoir que ces produits respectent les normes.
Elle a également noté que l’emballage des produits togolais séduit lors des salons à l’étranger. Aux consommateurs, elle a demandé de leur faire confiance : ces produits sont souvent mieux accueillis ailleurs que dans leur propre pays.
Un espace de dialogue entre tous les maillons
La rencontre rassemble étudiants, représentants de ministères, experts, chercheurs, producteurs, transformateurs et distributeurs de produits locaux. L’objectif est double : permettre aux acteurs de consolider leurs capacités de production et de se conformer aux exigences de qualité.
Les échanges entre acteurs publics, privés et consommateurs doivent par ailleurs éclairer les ministères présents. À partir des suggestions, des difficultés et des obstacles exposés par les promoteurs, ceux-ci pourront réorienter leur politique en matière de consommation locale.
Des obstacles à lever
« Les défis sont là », a reconnu Mme Adovon. Elle a saisi l’occasion pour demander une nouvelle fois aux responsables d’appliquer la note circulaire du gouvernement.
La suite dépendra, selon elle, de la capacité des transformateurs à satisfaire aux normes, à faire connaître leurs produits et à conquérir les consommateurs.
















