Agoè-Nyivé 1 : 82,9 millions d’excédent, mais l’investissement au point mort

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Par René DOKOU, le 22 Octobre 2026

(IMPARTIAL ACTU)- La commune d’Agoè-Nyivé 1 clôture le troisième trimestre 2026 avec un solde budgétaire positif de 82 861 905 F CFA. Mais derrière ce résultat flatteur, le bilan de la Direction administrative et financière (DAF) dessine une réalité plus nuancée : une trésorerie fragile et des investissements quasiment à l’arrêt.

Un budget de près de 1,5 milliard de F CFA

Le budget primitif, équilibré à 1 494 691 838 F CFA, se répartit entre 1 041 066 234 F CFA pour le fonctionnement et 453 625 604 F CFA pour l’investissement. À fin septembre, les titres de recettes émis s’élèvent à 965 096 549 F CFA, soit 64,57 % des prévisions. Un an plus tôt, ils atteignaient 1 008 669 832 F CFA, soit un repli de 4,32 %.

L’encaissement s’améliore nettement

Si la commune émet moins de titres, elle parvient en revanche à en encaisser davantage. Les recouvrements effectifs totalisent 805 784 182 F CFA, contre 633 133 068 F CFA à la même période de 2025, soit une progression de 27,27 %. Le taux de recouvrement ressort ainsi à 83,49 % des recettes émises.

Les ressources non fiscales prennent de la vitesse

Ce sont surtout les recettes non fiscales qui tirent la performance. Elles atteignent 278 658 165 F CFA, en hausse de 34,6 % par rapport à l’an dernier. L’été a marqué une nette accélération : 123,5 millions de F CFA ont été collectés de juillet à septembre, contre 71,6 millions un an auparavant, soit un bond de 72 %.

Les quatre marchés de la commune (Togograin, Atsanvé, Sogbossito et Dingblé) ont rapporté 49 845 100 F CFA, soit 71,99 % des 69,24 millions de F CFA attendus. À Togograin, les recettes mensuelles ont doublé à partir de juillet, passant d’environ 2 millions à plus de 4 millions de F CFA.

Les reversements fiscaux de l’Office togolais des recettes (OTR) s’établissent à 456 344 241 F CFA, en progression de 16,14 %. Une réserve toutefois : le tableau mensuel ne détaille que les mois de janvier à juin, les colonnes de juillet à septembre étant vides. Ce montant pourrait donc ne couvrir qu’un semestre.

Des dépenses qui absorbent presque tout

Les dépenses engagées atteignent 882 234 644 F CFA, en augmentation de 20,08 %. Le fonctionnement en capte l’essentiel, avec 875 941 704 F CFA, soit 84,14 % de sa prévision. L’investissement, lui, n’a mobilisé que 6 292 940 F CFA, soit 1,39 % de son enveloppe.

La DAF attribue cette hausse à la reprise de dépenses d’exercices antérieurs restées impayées. Elle y voit une conséquence du manque à gagner lié au sinistre du marché d’Agoè-Nyivé 1, survenu le 23 décembre 2023.

Des chantiers qui peinent à avancer

Sur les 589 628 395 F CFA inscrits au budget supplémentaire, 30 projets sont recensés. Quatre sont achevés (13,33 %), dix-neuf sont en cours (63,33 %) et sept n’ont pas démarré (23,33 %). La quasi-totalité reste impayée. Les projets en cours représentent 308 448 585 F CFA, soit 52,31 % des prévisions d’investissement.

La DAF invoque un faible recouvrement en début d’année et la prudence imposée par l’état de la trésorerie. Parmi les opérations prévues figurent l’acquisition d’un grader, d’un camion benne et d’un camion citerne pour 180 millions de F CFA, la réhabilitation de plusieurs écoles, l’aménagement de voies et une étude sur la construction du marché d’Assiyéyé, dotée de 30 millions de F CFA.

Les leviers annoncés

Pour consolider les recettes, la commune met en avant plusieurs mesures : des tournées de sensibilisation dans les villages et quartiers, la nomination d’un chef de division du recouvrement, le contrôle des taxes lors des soirées, la réunion régulière d’un comité de trésorerie, et l’institution d’un cadre de concertation avec l’OTR sur la taxe d’habitation, la TFPB, la TFPNB et la TPU. Les engagements de dépenses demeurent encadrés. La DAF appelle enfin les acteurs locaux à soutenir le Bureau exécutif dans la mobilisation de ressources d’ici la fin de l’exercice.

Un excédent à relativiser

Le solde de 82,9 millions de F CFA est calculé sur les titres émis, non sur les sommes réellement encaissées. En confrontant les dépenses engagées (882,2 millions) aux recouvrements effectifs (805,8 millions), la lecture s’inverse : la caisse affiche environ 76 millions de F CFA de moins que les engagements pris. Les documents eux-mêmes évoquent une « tension de trésorerie ».

Le dernier trimestre s’annonce donc décisif. Il faudra transformer les recettes émises en encaissements réels et relancer l’investissement, dont dépend notamment la reconstruction du grand marché d’Assiyéyé, priorité affichée de la Maire.

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