Par René DOKOU, le 22 Octobre 2026
(IMPARTIAL ACTU)- Treize accords signés à Pékin, une plateforme industrielle en activité à Adétikopé. Entre l’engagement diplomatique du Président du Conseil et la création de valeur au Togo, l’Autorité de Coordination de la Plateforme (ACP-PIA) apparaît comme le maillon qui donne corps à cette ambition.
Le jeudi 15 octobre 2026 à Pékin, le Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, et le Premier ministre chinois, Li Qiang, ont présidé la signature de treize accords et mémorandums d’entente. Ils couvrent les finances, l’économie, la sécurité, le commerce, l’agriculture, la formation, les médias et la coopération décentralisée. Ils font suite à l’élévation, le 13 octobre, des relations sino-togolaises au rang de « Communauté d’avenir partagé Chine-Togo à l’ère nouvelle ».
Une diplomatie au service de l’économie réelle
Ces engagements traduisent une conviction : la diplomatie n’a de sens que si elle produit des résultats tangibles pour les Togolais. Allègement de la dette, facilitation douanière, accès du soja togolais au marché chinois, coopération industrielle, développement vert : chaque volet vise à améliorer les conditions pour produire, échanger et investir. Cette orientation s’inscrit dans la vision du Président du Conseil, qui fait de l’industrialisation un levier d’emploi et de souveraineté économique.
Adétikopé, la vitrine d’une stratégie qui se matérialise
Cette vision a déjà une traduction concrète : la Plateforme Industrielle d’Adétikopé (PIA). En juin 2026, elle comptait 22 industries installées et cinq unités en construction, dans l’agro-industrie, le textile, la pharmacie et la logistique. Togo Soja, Togo Wood Industries, FHC Medica ou Batakali Textile y côtoient des routes, une centrale solaire, un entrepôt frigorifique et un Inland Container Depot. Ce que la diplomatie ouvre à l’échelle de l’État, la plateforme l’accueille à l’échelle de l’entreprise.
L’ACP, chef d’orchestre de la plateforme
Au cœur de ce dispositif, l’ACP assure la supervision de la PIA. Sous la direction de son Administrateur Général, le Lieutenant-Colonel Idiola Sandah, elle coordonne l’accueil et l’accompagnement des investisseurs ainsi que le suivi des activités sur le site.
Ses initiatives récentes en témoignent. L’accord-cadre signé avec l’Université de Kara, le 28 septembre 2026, rapproche les étudiants du monde industriel. Le E-GUICHET et la Charte de collaboration et d’accompagnement visent à simplifier les démarches des investisseurs. La plateforme reçoit aussi des délégations étrangères, dont des entrepreneurs russes et des délégations de l’éducation.
Du texte à la production
Plusieurs accords de Pékin trouvent un écho direct à la PIA. Le protocole sur les exigences phytosanitaires du soja togolais concerne la filière agro-industrielle, déjà représentée sur la plateforme. Le programme des Opérateurs économiques agréés, conclu entre l’Office togolais des recettes et les douanes chinoises, vise à fluidifier les échanges, un avantage pour les entreprises tournées vers l’export. Le mémorandum sur le développement des ressources humaines rejoint pour sa part la politique de formation et d’insertion que l’ACP promeut. Dans ces domaines, l’ACP-PIA joue le rôle d’interface entre les opportunités ouvertes à l’échelle de l’État et les entreprises qui produisent.
Les conditions de la réussite
Il faut toutefois garder la mesure. Les accords ouvrent un cadre et des perspectives, mais n’annoncent à ce stade ni investissement chiffré ni calendrier d’implantation. Leur traduction en usines, en emplois et en exportations dépendra de la capacité d’accueil, de l’accompagnement et de la mobilisation des opérateurs, autant de domaines où l’ACP-PIA est attendue.
De Pékin à Adétikopé, la continuité est lisible : une impulsion donnée au plus haut niveau de l’État, un cadre de coopération désormais posé, puis une plateforme et une autorité de coordination chargées de transformer cette dynamique en activité économique concrète.
















