Par René DOKOU, le 22 Octobre 2026
(IMPARTIAL ACTU)- Le Président de l’Assemblée nationale, Pr Komi Selom Klassou, a reçu en audience ce mercredi Dr Christian Mouala, Représentant et directeur multi-pays de l’ONUSIDA pour le Togo, la Côte d’Ivoire et le Bénin. Au cœur de l’entretien : la place des élus dans une riposte qui exige, selon l’hôte du jour, une mobilisation sans relâche des institutions, une prévention renforcée et un accès élargi aux soins.
Une satisfaction exprimée à l’issue de l’audience
Au sortir de la rencontre, le responsable onusien n’a pas caché son contentement. « Je suis vraiment surpris de la qualité des discussions et de l’engagement des parlementaires », a-t-il confié. Une appréciation qui traduit la tonalité d’un échange jugé constructif, où l’écoute et la volonté d’agir ont dominé.
Cette audience ouvre, de l’avis des deux parties, des perspectives de collaboration entre l’agence onusienne et le Parlement togolais. Elles concernent surtout le renforcement des capacités des députés et l’appui aux efforts visant à mettre fin au VIH/Sida d’ici 2030, horizon fixé par la communauté internationale.
Des indicateurs qui confortent la trajectoire togolaise
Chiffres à l’appui, Dr Mouala a dressé un tableau encourageant de la situation nationale. Environ 94 % des personnes vivant avec le VIH au Togo connaissent leur statut sérologique. Parmi elles, 93 % bénéficient d’un traitement antirétroviral, et 85 % ont atteint la suppression virale, c’est-à-dire une charge virale devenue indétectable ou très faible, ce qui limite fortement les risques de transmission.
Ces résultats, présentés au Président de l’Assemblée nationale, témoignent des avancées enregistrées par le pays dans la chaîne de prise en charge, du dépistage au suivi thérapeutique. Ils situent le Togo dans une dynamique favorable à l’atteinte des objectifs mondiaux de lutte contre la pandémie.
Une coopération passée en revue
Les deux personnalités ont d’abord examiné l’état de la coopération entre le Togo et l’ONUSIDA ainsi que les progrès réalisés par le pays. Le représentant de l’agence a, à cette occasion, salué la contribution togolaise aux négociations internationales qui ont abouti, en juin 2026, à l’adoption d’une nouvelle déclaration politique sur le VIH.
Il a également souligné le soutien apporté par Lomé à la position commune africaine face à la pandémie, un engagement qui renforce la voix du continent dans les instances où se décident les orientations de la riposte mondiale.
Des défis qui demeurent
Malgré ces acquis, l’audience a rappelé que le combat n’est pas gagné. Deux chantiers prioritaires ont été identifiés. Le premier est la prévention de la transmission du VIH de la mère à l’enfant, enjeu majeur pour protéger les nouvelles générations dès la naissance. Le second est l’intensification des actions en direction des jeunes de 15 à 24 ans, tranche d’âge particulièrement exposée et pour laquelle l’information, la prévention et l’accès aux services demeurent déterminants.
Ces points d’attention appellent, selon les échanges, des réponses coordonnées et durables, associant l’ensemble des acteurs institutionnels, sanitaires et communautaires.
Le Parlement, un acteur-clé de la riposte
Une large part de la discussion a été consacrée au rôle des parlementaires. Dr Christian Mouala a insisté sur le poids de leur plaidoyer, qui permet de maintenir le VIH à l’agenda national et de sensibiliser les populations dans les circonscriptions. Il a aussi rappelé leur pouvoir de décision, notamment à travers leur contribution aux orientations stratégiques et budgétaires. C’est en effet au Parlement que se votent les moyens financiers qui permettent de pérenniser les programmes de prévention, de dépistage et de traitement.
Dans cette optique, le représentant de l’ONUSIDA a évoqué la possibilité d’organiser des actions de renforcement des capacités au profit des élus, sur les questions liées au VIH et, plus largement, à la santé. L’objectif est de doter les députés d’outils et de connaissances actualisées pour mieux porter les enjeux sanitaires dans l’hémicycle comme sur le terrain.
Cap sur 2030
Cette audience s’inscrit dans une logique de mobilisation permanente, où institutions nationales et partenaires internationaux conjuguent leurs efforts. Avec des indicateurs de dépistage, de traitement et de suppression virale élevés, le Togo dispose d’une base solide. Reste à consolider ces acquis et à relever les défis identifiés, en particulier la protection des enfants et l’accompagnement des jeunes, pour se rapprocher de l’objectif de l’élimination du VIH/Sida à l’horizon 2030.
La perspective d’un partenariat renforcé entre l’ONUSIDA et l’Assemblée nationale pourrait, à cet égard, constituer un levier supplémentaire pour traduire les engagements politiques en résultats concrets au bénéfice des populations.
















