Par René DOKOU, le 16 Octobre 2026
(IMPARTIAL ACTU)- Le président de la FIFA, Gianni Infantino, a tenté jeudi 15 octobre 2026 à Zurich de désamorcer la crise ouverte par son projet d’ouvrir la Coupe du monde à des capitaux privés. Devant les 37 membres du Conseil de l’instance, l’Italo-Suisse a présenté des excuses publiques. Mais ce geste n’a pas suffi à dissiper le malaise : plusieurs dirigeants, parmi les plus influents du football européen, jugent toujours ses explications insuffisantes.
Un projet révélé en août, puis abandonné
L’initiative avait été dévoilée début août. Elle visait à associer des investisseurs privés à l’organisation de la Coupe du monde, afin d’accroître les ressources redistribuées aux fédérations nationales. Face à la fronde de plusieurs confédérations, dont l’UEFA, la Concacaf et la Confédération asiatique de football, elle a finalement été retirée.
Devant l’exécutif, Infantino a reconnu des manquements. « Nous nous excusons pour les erreurs commises dans la conduite et la communication de ce projet », a-t-il déclaré. Il a toutefois souligné qu’il ne s’agissait que d’une proposition, destinée à renforcer le soutien financier aux membres de la FIFA, et non d’une décision arrêtée.
Des réponses jugées insuffisantes
Les excuses n’ont pas convaincu tout le monde. Présidente de la Fédération anglaise, Debbie Hewitt a regretté que les demandes précises formulées par son instance soient restées lettre morte. « Nous n’avons obtenu aucune réponse à nos demandes spécifiques », a-t-elle indiqué, estimant que le patron de la FIFA doit désormais apporter des éclaircissements détaillés sur ce dossier.
Le ton est plus sévère encore du côté allemand. Bernd Neuendorf, président de la Fédération allemande, a évoqué une relation de confiance rompue. « Nous avons posé beaucoup de questions critiques, il n’y a pas eu de réponses satisfaisantes de mon point de vue », a-t-il martelé.
Une réponse écrite promise
Pour répondre aux critiques, Infantino s’est engagé à fournir ultérieurement des réponses écrites aux interrogations des membres du Conseil. Cet engagement, qui renvoie à plus tard les explications attendues, ne suffira peut-être pas à apaiser les plus critiques.
Le dirigeant peut néanmoins compter sur quelques soutiens. Le Mauritanien Ahmed Yahya, notamment, a défendu les intentions initiales du projet, y voyant une manière de dégager de nouveaux moyens au profit des fédérations.
Un budget de développement relevé à 5,66 milliards d’euros
Dans le même temps, le Conseil a validé une hausse de l’enveloppe du plan de développement de la FIFA, portée à 5,66 milliards d’euros sur quatre ans. Si le prochain congrès, prévu en décembre, confirme cette décision, chacune des 211 fédérations membres pourrait percevoir 25 millions de dollars.
Un contexte électoral sensible
Cette annonce financière d’envergure intervient à quelques mois de l’élection présidentielle de la FIFA, prévue en mars 2027. Infantino devrait y briguer un nouveau mandat. D’ici là, il lui faudra à la fois répondre aux interrogations de ses détracteurs et consolider le soutien des fédérations, que cette hausse des financements pourrait contribuer à rallier.
















