Par René DOKOU, le 1er Mai 2026
(IMPARTIAL ACTU)- Après Abréwankor, le Togo franchit une nouvelle étape dans sa stratégie de valorisation du cacao. Le Comité de Coordination pour les Filières Café et Cacao (CCFCC) poursuit son ambition de positionner le cacao togolais sur les marchés internationaux.
Une stratégie de compétitivité renforcée
Le 1er juin 2026, à Lomé, son secrétaire général, Enselme Gouthon, a rencontré des partenaires français du département des Yvelines ainsi que des chocolatiers et pâtissiers. Ces échanges interviennent à la veille de l’inauguration d’un second centre de traitement post-récolte, implanté à Mpoti, dans la préfecture de Blitta.
Un outil moderne pour la qualité
Le centre de Mpoti, dont l’ouverture officielle est prévue le 3 juin, s’inscrit dans la mise en œuvre des Plans de Développement des Filières Café et Cacao (PDCC). Érigé sur un hectare, il comprend un magasin de stockage de 5 tonnes, un hall de fermentation et de tri doté de 42 caisses, une aire de séchage équipée de 16 tables, un bloc sanitaire et un bâtiment avec dortoirs et vestiaire. Cette infrastructure répond aux objectifs de l’axe 1 du PDCC : améliorer durablement la production, la productivité et la qualité du cacao togolais.
25 tonnes de cacao d’excellence dès la première année
Pour Enselme Gouthon, ce centre est un levier stratégique. « Il permettra d’augmenter le volume de cacao d’excellence que le Togo mettra sur le marché international. L’objectif est de positionner au moins 25 tonnes sur les marchés de niche dès la première année », a-t-il affirmé. En complémentarité avec le centre d’Abréwankor, Mpoti doit consolider la réputation du cacao togolais et renforcer sa présence sur les circuits spécialisés.
Un financement français pour un chocolat 100 % togolais
Le projet, d’un coût global de 50 000 euros (32,8 millions de FCFA), a été financé par le département des Yvelines et des chocolatiers français. Thierry Lalet, président de la Confédération des Chocolatiers et Confiseurs de France, souligne l’ambition : « Notre objectif est de proposer un chocolat 100 % Togo. Le pays mérite un cacao brun et fin, à la hauteur des attentes des consommateurs. » Ce partenariat illustre la volonté de créer une filière intégrée, où la transformation locale devient un gage de qualité et de distinction.
Former les producteurs et stabiliser les revenus
Au-delà de la qualité, le centre de Mpoti sera un espace de formation pour les producteurs. Ils y apprendront les techniques de cabossage, de fermentation et de séchage, essentielles pour obtenir un cacao premium. Le volet économique est également central : le cacao sera acheté au prix garanti de 1 400 FCFA le kilogramme, indépendamment des fluctuations du marché mondial. « Nous maintenons ce prix, et si le marché dépasse ce seuil, nous ajustons à la hausse. Le producteur bénéficie ainsi d’une stabilité de revenus », a assuré Thierry Lalet.
Un partenariat gagnant pour l’avenir
Cette initiative traduit une vision partagée : faire du cacao togolais un produit d’excellence reconnu à l’échelle internationale. En mobilisant des financements étrangers, en formant les producteurs et en garantissant un revenu stable, le CCFCC et ses partenaires posent les bases d’une filière durable et compétitive. Le centre de Mpoti devient ainsi un symbole de coopération fructueuse entre le Togo et la France.
Vers un rayonnement international
Avec Mpoti, le Togo confirme sa stratégie de montée en gamme. En misant sur la qualité, la formation et l’accès aux marchés spécialisés, le pays entend renforcer son image et faire rayonner son cacao à travers des chocolats haut de gamme. Cette dynamique ouvre la voie à une reconnaissance accrue du cacao togolais, désormais prêt à rivaliser avec les meilleures origines mondiales.
















