1er Mai à Lomé : les travailleurs revendiquent, le Patronat calme le jeu et le gouvernement promet des avancées

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Par René DOKOU, le 03 Mai 2026

(IMPARTIAL ACTU)- Le vendredi 1er Mai, la capitale togolaise a vibré au rythme de la Journée internationale de lutte des travailleurs. À Lomé, les principales centrales syndicales regroupées au sein de la Coordination des centrales syndicales du Togo (CCST) et de la Synergie des travailleurs du Togo (STT) ont marqué l’événement par un défilé à travers les grandes artères, avant de présenter au gouvernement un cahier de doléances jugé crucial pour l’avenir du monde du travail.

La cérémonie officielle s’est déroulée en présence de plusieurs membres du gouvernement et personnalités, parmi lesquels Stanislas Bamouni Baba, secrétaire général du gouvernement, Kodjo Sévon-Tépé Adedze, ministre de l’Aménagement du territoire, de l’Urbanisme et de l’Habitat, ainsi que Martine Moni Sankaredja, ministre des Solidarités, du Genre, de la Famille et de la Protection de l’Enfance. Cette mobilisation illustre l’importance symbolique et politique de la fête du travail au Togo.

Une tribune pour les revendications

Au nom des travailleurs, Senouvo Vissikou, secrétaire général de l’Union nationale des syndicats indépendants du Togo (UNSIT), a rappelé que la présentation des doléances ne saurait être réduite à une simple formalité. « Elle constitue une tribune essentielle pour exprimer les réalités difficiles vécues par les travailleurs dans leurs foyers et dans leur quotidien », a-t-il insisté.

Les revendications portées cette année mettent en lumière des préoccupations récurrentes mais toujours d’actualité :

La mise en conformité de la législation nationale du travail avec les normes internationales, notamment en matière de droits et libertés fondamentales.

Le rétablissement d’un dialogue social jugé trop souvent en panne.

La reconnaissance effective des syndicats comme organisations d’utilité publique, avec des moyens adaptés à leurs missions.

Les syndicats ont également attiré l’attention sur la situation des acteurs de l’économie informelle, souvent laissés en marge des mécanismes de protection sociale. Pour eux, il est urgent d’élargir la couverture afin de garantir une sécurité minimale à cette frange importante de la population active.

Le patronat tend la main

En réponse, le président du Conseil national du patronat du Togo, Coami Sedolo Laurent Tamegnon, a assuré que les préoccupations exprimées ont été entendues. Il a réaffirmé la volonté du patronat de travailler en concertation avec le gouvernement et les partenaires sociaux pour parvenir à des solutions équilibrées et durables.

Il a notamment évoqué :

Le renforcement du dialogue social.

L’amélioration progressive des conditions de travail.

Le soutien à l’entrepreneuriat et à l’investissement.

La promotion d’un environnement professionnel respectueux des droits humains.

Cette ouverture du patronat apparaît comme un signal positif, même si les travailleurs attendent désormais des actes concrets.

Le gouvernement promet des avancées

Prenant la parole au nom de l’exécutif, Stanislas Bamouni Baba a salué l’engagement des travailleurs et des employeurs en faveur du développement du pays. Il a rappelé que « le travail dépasse la simple dimension économique : il est au cœur de la dignité humaine, de l’intégration sociale et de la stabilité économique ».

Le gouvernement, a-t-il ajouté, reste déterminé à promouvoir un environnement de travail décent, équitable et sécurisé pour tous. Cette promesse s’inscrit dans une volonté affichée de renforcer la cohésion sociale et de soutenir un développement inclusif.

Une journée de mobilisation et d’espoir

Au-delà des discours, le 1er mai à Lomé a été marqué par une forte mobilisation des travailleurs, qui ont défilé avec discipline et détermination. Les pancartes brandies traduisaient l’aspiration à de meilleures conditions de vie et de travail, mais aussi l’exigence d’un dialogue social sincère et productif.

Cette journée a permis de réaffirmer la place centrale du travail dans la société togolaise. Elle a aussi mis en lumière la volonté des différents acteurs – syndicats, patronat, gouvernement – de rechercher ensemble des solutions aux défis persistants.

Vers un développement inclusif

La célébration du 1er mai ne se limite pas à une commémoration symbolique. Elle constitue un moment de réflexion collective sur les enjeux du monde du travail et sur les voies à emprunter pour bâtir un avenir plus juste.

Les revendications exprimées traduisent une aspiration profonde à un développement inclusif, où chaque travailleur, qu’il soit salarié du secteur formel ou acteur de l’économie informelle, puisse bénéficier de droits et de protections effectives.

Le défi reste immense : adapter la législation, renforcer les institutions, promouvoir l’investissement et garantir un climat social apaisé. Mais la mobilisation de ce 1er mai montre que les travailleurs du Togo sont prêts à jouer pleinement leur rôle dans cette dynamique.

La Journée internationale des travailleurs célébrée à Lomé a été l’occasion pour les syndicats de rappeler leurs revendications, pour le patronat d’afficher sa volonté de dialogue, et pour le gouvernement de réaffirmer son engagement en faveur d’un travail décent. Au-delà des promesses, les travailleurs attendent désormais des mesures concrètes et mesurables.

Le 1er mai 2026 restera ainsi comme une étape importante dans la quête d’un dialogue social renforcé et d’un développement durable au Togo.

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