Wola-do Wola-Mõ : le Patriarche répare l’oubli 

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Par René DOKOU, le 02 Décembre 2025

(IMPARTIAL ACTU)- Dimanche 30 novembre 2025, Lomé a été le théâtre d’une cérémonie aussi singulière que symbolique pour la communauté du Wola-Do/Wola-Mõ. Devant plusieurs pratiquants rassemblés dans un climat de solennité et de reconnaissance, le Patriarche Dr. Wolamo-Wolado King Wolasime, fondateur du premier art martial purement togolais, a remis en différé une attestation longtemps attendue à sa fille, WOLAMO-WOLADO QUEEN IV.

Un geste simple, mais chargé d’émotion, destiné à réparer ce qu’il qualifie lui-même “d’erreur monumentale” commise quelques mois plus tôt.

Le 30 juillet 2025 marquait les 26 ans d’existence du Wola-Do/Wola-Mõ, art martial né sur la terre togolaise le 30 juillet 1999. Fruit d’une vision mêlant spiritualité ancestrale, discipline martiale et identité culturelle, ce système a été fondé et développé par le Patriarche, reconnu aujourd’hui par ses pairs comme le Numéro Spirituel Zéro (0).

Cette journée-anniversaire avait été célébrée par un séminaire dense, suivi de la remise de certificats à tous les participants, comme l’exige la tradition instaurée au sein de la discipline.

Mais dans le tumulte des festivités, un détail a échappé au maître fondateur : sa propre fille, endormie durant la cérémonie, n’a pas reçu son attestation. Un oubli trivial en apparence, mais dont les répercussions, selon le Patriarche, se sont révélées profondes.

« Après chaque séminaire, nous remettons systématiquement les certificats à tous les pratiquants, même les plus jeunes. Mais le 30 juillet dernier, j’ai oublié de donner celui de ma fille, qui dormait au moment de la remise. C’est une erreur monumentale que j’assume », a-t-il raconté devant l’assemblée.

Selon ses explications, l’enfant, WOLAMO-WOLADO QUEEN IV, n’a pas supporté de se sentir mise à l’écart alors que tous les autres enfants du Wola-Do recevaient leur distinction. Une irritation psychologique qui, au fil des jours, s’est transformée en malaise profond, affectant sa santé et ses performances scolaires.

« Je connais ma fille. Elle est dynamique, brillante à l’école. Juste après la cérémonie, elle est tombée malade. Au début, je pensais que c’était anodin. Mais son état s’aggravait, et alors que j’étais déjà à l’étranger, sa mère m’informait que ses résultats scolaires chutaient et qu’elle avait complètement changé », a poursuivi le Patriarche.

Face à l’incompréhension, le maître fondateur dit s’être tourné vers la dimension spirituelle du Wola-Mõ, cette composante mystique au cœur de l’art martial. Selon lui, seul un retour vers les MAWUWO  les entités spirituelles consultées dans la pratique  pouvait apporter une réponse claire.

« J’ai dû entrer dans les noumènes et consulter les MAWUWO. Le Wola-Mõ, partie intégrante et essentielle du Wola-Do, m’a révélé que le problème venait de l’attestation non remise. Aussitôt, j’ai pris l’avion pour Lomé afin de corriger cela », a-t-il confié.

C’est ainsi qu’a été organisée cette cérémonie exceptionnelle, entièrement dédiée à la réparation d’un oubli devenu affaire spirituelle. Dans une ambiance empreinte de respect et d’apaisement, la jeune WOLAMO-WOLADO QUEEN IV a reçu son attestation sous les applaudissements des pratiquants. Une délivrance, selon son père.

« Depuis cette cérémonie, j’ai retrouvé ma fille. Tout est rentré dans l’ordre. Elle a retrouvé son sourire habituel et ses performances à l’école sont maintenant au beau fixe. Cela nous rappelle que nous sommes Africains, et que dans les moments difficiles, il faut se référer aux MAWUWO », a exprimé le Patriarche, visiblement soulagé.

Pour lui, cet épisode doit désormais servir de point de départ à une vaste campagne médiatique consacrée à la vulgarisation du Wola-Mõ, la dimension spirituelle du Wola-Do, encore peu connue du grand public. Le Patriarche insiste sur la nécessité d’ouvrir davantage les portes de cette pratique, qu’il décrit comme un pont entre l’homme et son créateur.

À travers le Wola-Mõ, affirme-t-il, chaque individu a la possibilité de “parler directement avec son dieu”, d’accéder à des prières puissantes et de trouver des solutions aux maux existentiels.

Le temple SEAL, situé à Abao-Kpota (Djagblé, préfecture du Zio), constitue selon lui un sanctuaire privilégié pour les pèlerinages, la guérison et la résolution de problèmes spirituels complexes.

Concluant sur un appel au retour aux sources, le Patriarche Dr. Wolamo-Wolado King Wolasime entend transformer ce qui fut un simple oubli en un levier de conscientisation collective : rappeler que le Wola-Do/Wola-Mõ n’est pas seulement un art martial, mais un héritage, un lien entre générations, et une voie de réconciliation entre l’homme et sa profondeur spirituelle.

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