Par René DOKOU, le 16 Janvier 2026
(IMPARTIAL ACTU)- Le président de la Commission de l’Union africaine (UA), Mahmoud Ali Youssouf, a été reçu jeudi à Lomé par le chef de l’État togolais, Faure Gnassingbé. Cette rencontre de haut niveau s’inscrit dans la dynamique africaine visant à renforcer les efforts de paix, de sécurité et de stabilité dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC).
Au cœur des échanges figurait l’évolution du processus de médiation conduit par l’Afrique sous l’égide de l’Union africaine. Désigné médiateur par l’UA pour la crise dans l’est de la RDC, Faure Gnassingbé a présenté l’état des consultations engagées et les perspectives d’avancement d’une solution politique durable, dans un contexte régional marqué par une persistance des tensions.
Arrivé dans la matinée à Lomé, Mahmoud Ali Youssouf était accompagné du panel des facilitateurs de l’Union africaine, composé de figures politiques de premier plan : Olusegun Obasanjo, ancien président du Nigeria, Uhuru Kenyatta, ancien président du Kenya, Sahle-Work Zewde, ancienne présidente de l’Éthiopie, Mokgweetsi Masisi, ancien président du Botswana, et Catherine Samba-Panza, ancienne présidente de la République centrafricaine. La délégation a été accueillie à l’aéroport par le ministre togolais des Affaires étrangères, Robert Dussey.
Mandaté par l’Union africaine, ce panel a pour mission d’appuyer le processus de médiation à travers un engagement politique de haut niveau, des actions de consolidation de la confiance et une coordination étroite avec les initiatives régionales et internationales, en vue d’aboutir à une issue politique viable.
Cette visite intervient dans un contexte particulièrement sensible. Un accord de paix a été signé fin 2025 entre la RDC et le Rwanda à l’initiative du président américain Donald Trump, avec l’implication de plusieurs acteurs clés, dont le Togo au nom de l’Union africaine. Toutefois, sur le terrain, les affrontements se poursuivent entre les forces armées congolaises et les milices du M23, accusées d’être soutenues par Kigali, illustrant la fragilité du processus engagé.
Face à cette situation, un sommet de haut niveau est prévu à Lomé les 16 et 17 janvier. Cette rencontre s’appuiera notamment sur la déclaration américaine issue de la réunion du Mécanisme conjoint de coordination de la sécurité du 20 novembre 2025. L’objectif est de renforcer la confiance entre les parties, d’harmoniser la mise en œuvre des accords existants et de consolider la coopération africaine et internationale.
Le conflit entre la RDC et le Rwanda demeure une menace majeure pour la stabilité de la région des Grands Lacs. La multiplication des initiatives diplomatiques, associant l’Union africaine, les États-Unis et des pays médiateurs tels que le Togo et le Qatar, témoigne de l’urgence d’une réponse concertée et durable pour ramener une paix effective sur le terrain.
















