Par René DOKOU, le 19 Novembre 2025
(IMPARTIAL ACTU)- Au Sommet régional sur la transformation numérique, tenu du 17 au 18 novembre à Cotonou, la ministre togolaise de l’Efficacité du Service public et de la Transformation numérique, Cina Lawson, a dévoilé une ambition majeure : intégrer un agent d’intelligence artificielle dans le système éducatif. Une orientation qui place le Togo dans la dynamique des pays africains misant sur l’IA comme levier de modernisation.
Devant les acteurs gouvernementaux, partenaires techniques et experts de la région, la ministre a souligné que l’éducation figure désormais parmi les priorités nationales en matière d’IA. « Nous envisageons de mettre un agent d’IA dans le système éducatif. C’est une étape importante pour préparer les écoles à l’ère de l’intelligence artificielle », a-t-elle déclaré. L’outil, conçu pour interagir de manière autonome, analyser des données et exécuter des tâches pédagogiques simples, devrait permettre d’assister élèves et enseignants, tout en améliorant le suivi éducatif.
Ce projet s’inscrit dans une stratégie plus large de transformation numérique. Il s’appuie notamment sur le déploiement en cours de la fibre optique dans onze communes du pays et sur le programme de connexion des écoles et centres de santé au haut débit. Autant de prérequis indispensables pour intégrer des solutions numériques avancées dans les salles de classe.
Au-delà du volet éducatif, les échanges à Cotonou ont mis en lumière les défis liés aux infrastructures de calcul et au stockage massif de données. Cina Lawson a insisté sur l’impossibilité, pour un pays de la sous-région, de financer seul un centre de données dédié à l’IA. « Aucun pays ne financera seul un centre de données pour l’IA. Nous devons nous organiser en région pour créer un cluster commun », a-t-elle martelé, évoquant l’expérience togolaise avec le data center Tier III+, réalisé avec l’appui de la Banque mondiale.
La ministre a également rappelé l’engagement du Togo à numériser l’ensemble des ministères dans les dix-huit prochains mois, une transformation qui générera d’importants volumes de données. Leur gestion devra être encadrée par un cadre réglementaire clair, garantissant un usage responsable et favorisant l’innovation. Une nécessité d’autant plus pressante que l’Afrique de l’Ouest ne dispose pas encore d’une norme unifiée pour le partage de données.
L’appel à une harmonisation régionale a marqué les interventions de la délégation togolaise. Pour Cina Lawson, la gouvernance des données et de l’IA doit devenir un chantier prioritaire afin d’assurer la souveraineté numérique et soutenir l’émergence d’un marché africain intégré.
Ces orientations rejoignent l’esprit de la Déclaration de Cotonou, adoptée à l’issue du sommet coorganisé avec la Banque mondiale. Le texte engage les pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre à renforcer leurs capacités en intelligence artificielle, à mutualiser leurs infrastructures et à accélérer le développement de services numériques essentiels, particulièrement dans l’éducation et l’administration. Le Togo entend visiblement se positionner parmi les moteurs de cette dynamique régionale.
















