Togo :  une agence nationale pour réguler le secteur pharmaceutique

0
124

Par René DOKOU, le 30 Juillet 2026

(IMPARTIAL ACTU)- Le ministère de la Santé, avec l’appui de la Fondation Brazzaville, a réuni les acteurs du secteur pharmaceutique les 28 et 29 juillet 2026 à Kpalimé. L’objectif était clair : finaliser les textes fondateurs de la future Agence togolaise de régulation pharmaceutique et définir une feuille de route pour la gouvernance sanitaire du pays au sein de l’Organisation Ouest-Africaine de la Santé (OOAS).

Un pionnier dans la lutte contre les faux médicaments

Depuis le lancement de l’Initiative de Lomé en janvier 2020, le Togo s’est imposé comme un acteur majeur dans la lutte contre les médicaments falsifiés ou de qualité inférieure. Cette initiative régionale vise à coordonner les efforts contre le trafic de produits médicaux dangereux, renforçant ainsi la crédibilité du pays sur la scène sanitaire ouest-africaine.

Un système encore perfectible

Jusqu’ici, la régulation pharmaceutique reposait sur la Direction de la Pharmacie, du Médicament et des Laboratoires (DPML). Mais une étude de l’UEMOA en 2011 avait déjà mis en lumière les limites des directions nationales, jugées incapables d’assurer pleinement leur mission de contrôle. Sans réforme, la réglementation risquait de rester inopérante.

Une directive régionale comme catalyseur

Pour pallier ces insuffisances, l’UEMOA a adopté en septembre 2020 une directive incitant les États membres à créer des autorités de régulation pharmaceutique autonomes, dotées de la personnalité juridique. Le projet togolais s’inscrit directement dans cette dynamique régionale, renforçant l’intégration sanitaire et la crédibilité des systèmes nationaux.

Vers une gouvernance renforcée

La création de l’agence nationale permettra au Togo de consolider ses efforts contre les produits médicaux falsifiés et de garantir un meilleur accès à des médicaments sûrs et efficaces. L’atelier de Kpalimé a ainsi servi de cadre pour relire le projet de décret et ses mémorandums explicatifs, tout en esquissant les priorités sanitaires que le pays défendra au sein de l’OOAS.

Une feuille de route pour 2027

À partir de janvier 2027, le Togo prendra la direction générale de l’OOAS pour quatre ans. Cette responsabilité exige une stratégie claire et ambitieuse. La mise en place de l’agence de régulation pharmaceutique et l’opérationnalisation du laboratoire national de contrôle qualité des produits de santé figurent parmi les piliers de cette feuille de route.

Un signal fort pour la sous-région

Avec cette réforme, le Togo envoie un message fort : la santé publique est une priorité nationale et régionale. En dotant le pays d’une institution indépendante et crédible, le gouvernement entend non seulement protéger ses citoyens, mais aussi jouer un rôle moteur dans l’intégration sanitaire ouest-africaine.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici