Par René DOKOU, le 27 Octobre 2025
(IMPARTIAL ACTU)- Le Togo s’impose désormais comme une référence mondiale en matière de sûreté aérienne. Grâce à une politique rigoureuse et à des investissements soutenus, le pays a atteint un niveau d’excellence salué par la communauté internationale. Dernière illustration en date : entre le 25 février et le 6 mars 2025, l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) a mené un audit complet de l’aéroport international Gnassingbé Eyadema (AIGE) de Lomé. Résultat : un taux de conformité supérieur à 90 %, un score qui propulse le Togo au premier rang en Afrique de l’Ouest, au deuxième sur le continent et au troisième à l’échelle mondiale.
Une performance remarquable pour ce petit pays d’Afrique de l’Ouest, qui démontre l’efficacité des politiques publiques en matière de transport aérien et l’engagement constant de l’Agence nationale de l’aviation civile (Anac).
Une décennie de réformes et de modernisation
Il y a un peu plus de dix ans, le paysage aérien togolais présentait encore de nombreuses fragilités. Les infrastructures, vieillissantes, peinaient à répondre aux exigences de sûreté internationale. Dès 2012, les autorités ont entrepris un vaste chantier de modernisation. Entre 2012 et 2017, le gouvernement a investi dans la rénovation de la centrale électrique de l’aéroport, la sécurisation des points d’accès sensibles et le renforcement des systèmes de contrôle.
Parallèlement, la formation du personnel est devenue une priorité nationale. Plus de 500 agents ont bénéficié de programmes certifiés par l’OACI, favorisant l’émergence d’une véritable culture de la sûreté. Ces efforts coordonnés ont permis de poser les bases solides d’un système de sécurité aérienne durable.
Des investissements stratégiques et une culture de la vigilance
La période 2018-2022 marque un tournant décisif. L’État et l’Anac ont engagé plus de 4 milliards de francs CFA pour moderniser la centrale électrique, le système de balisage lumineux et les dispositifs de surveillance. Ces améliorations ont renforcé la fiabilité des opérations, notamment lors des vols nocturnes.
Lancée en décembre 2023, la première Semaine de la sécurité aérienne a permis de sensibiliser plus de 1 200 employés et acteurs du secteur aux enjeux contemporains de la sûreté : gestion des menaces, comportements suspects, et protocoles d’intervention d’urgence. Cette démarche proactive a contribué à harmoniser les pratiques locales avec les standards internationaux, tout en consolidant la cohésion du personnel autour d’un objectif commun : la sécurité avant tout.
Les audits internes réguliers et les inspections croisées ont, de leur côté, permis d’identifier les faiblesses résiduelles et d’y remédier rapidement. Ces exercices, loin d’être purement formels, traduisent une volonté constante d’amélioration continue.
Des résultats tangibles et une reconnaissance internationale
Les efforts engagés portent aujourd’hui leurs fruits. En 2024, l’aéroport de Lomé a enregistré 1,5 million de passagers, soit une hausse de 6,2 % par rapport à 2023. Ce dynamisme témoigne de la confiance croissante des compagnies aériennes et des voyageurs dans la fiabilité des opérations togolaises.
La reconnaissance de l’OACI vient couronner cette trajectoire ascendante. Elle confirme la solidité du système de sûreté mis en place par le Togo et renforce son positionnement stratégique comme hub aérien régional. Plusieurs compagnies internationales envisagent désormais d’élargir leurs opérations à Lomé, séduites par la qualité des services et la stabilité sécuritaire de la plateforme.
Un leadership africain à consolider
Cette distinction mondiale n’est pas une fin en soi, mais un point de départ. L’Anac et le gouvernement togolais entendent poursuivre la modernisation de leurs infrastructures, investir dans la formation continue et anticiper les nouvelles menaces, notamment cybernétiques, qui pèsent sur le transport aérien.
La stratégie nationale mise sur l’innovation et la coopération. Des partenariats avec des institutions spécialisées et des opérateurs internationaux sont déjà à l’étude pour renforcer la résilience du système de sûreté et préparer l’aéroport de Lomé à absorber un trafic encore plus dense dans les années à venir.
Avec un niveau de conformité dépassant les 90 % aux normes de l’OACI, le Togo s’impose comme un modèle africain de sûreté aérienne. Cette réussite, fruit d’une vision à long terme et d’un engagement collectif, illustre comment un pays peut transformer ses faiblesses en atouts stratégiques. Le ciel togolais n’a jamais été aussi sûr et son ambition, aussi haute.
















