Par René DOKOU, le 23 Septembre 2026
(IMPARTIAL ACTU)- La capitale togolaise s’apprête à vivre un événement diplomatique de premier plan. Du 29 septembre au 1er octobre, Lomé accueillera la toute première session de la Commission mixte intergouvernementale chargée de superviser l’application de l’accord de partenariat liant le Togo à la Fédération de Russie.
Les travaux se dérouleront au Palais des Congrès de la capitale, un lieu symbolique pour cette rencontre qui marque une étape supplémentaire dans le rapprochement entre les deux nations.
Une diplomatie d’équilibre assumée
Loin de signifier un basculement vers Moscou au détriment de ses alliances historiques, le Togo revendique une approche multidirectionnelle de sa politique étrangère. Les autorités togolaises maintiennent des liens soutenus avec Washington, Paris, l’Union européenne et Pékin. Cette orientation, que le pouvoir qualifie lui-même de diplomatie d’équilibre, repose sur un principe clair : diversifier les partenariats internationaux plutôt que de miser sur une relation exclusive avec un seul bloc. L’intensification des échanges avec la Russie s’inscrit donc dans cette logique de pluralité plutôt que dans une rupture avec les partenaires traditionnels du pays.
Un agenda tourné vers la coopération concrète
D’après le communiqué officiel publié à cette occasion, les discussions qui réuniront les délégations togolaise et russe couvriront un large éventail de domaines : les échanges commerciaux, les questions économiques, ainsi que la coopération scientifique et technique. Les deux délégations sont attendues pour dresser un bilan précis de l’état actuel de leurs relations bilatérales dans ces secteurs, avant d’explorer ensemble de nouveaux leviers susceptibles de dynamiser leurs échanges futurs. Cette première session revêt donc une double fonction : celle d’un état des lieux et celle d’un espace de projection vers de nouveaux chantiers de collaboration.
Une trajectoire amorcée depuis plusieurs mois
Ce sommet ne surgit pas de nulle part. Il s’inscrit au contraire dans la continuité d’une série d’initiatives amorcées ces derniers mois entre les deux capitales. Au mois de septembre, une délégation issue du Centre de Diplomatie publique russe s’était ainsi entretenue avec le ministère togolais en charge de l’Enseignement supérieur, ouvrant la voie à des perspectives de coopération dans les sphères universitaire et culturelle. Ces échanges préparatoires témoignent d’une volonté partagée de bâtir une relation qui dépasse le seul cadre économique pour toucher également aux domaines du savoir et des échanges humains.
Le tournant impulsé par la visite au Kremlin
L’accélération récente de ce rapprochement trouve en réalité sa source dans un épisode marquant survenu en novembre 2025. Le président du Conseil togolais, Faure Gnassingbé, avait alors été reçu au Kremlin par le président russe Vladimir Poutine, une visite qui a constitué un jalon décisif dans l’histoire des relations entre les deux États. À l’issue de cette rencontre, l’annonce de l’ouverture réciproque d’ambassades dès 2026 avait été formulée, une décision hautement symbolique compte tenu de l’absence, jusqu’alors, de toute représentation diplomatique permanente entre Lomé et Moscou. Un vide surprenant si l’on considère que les deux pays entretiennent officiellement des relations depuis pas moins de 65 ans, sans jamais avoir franchi le pas d’une présence diplomatique résidente sur le territoire de l’autre.
Vers une nouvelle étape institutionnelle
La tenue de cette Commission mixte intergouvernementale traduit ainsi la volonté des deux gouvernements de donner un cadre institutionnel solide et pérenne à leur coopération, au-delà des seules déclarations d’intention. En se dotant d’un mécanisme de suivi régulier, Lomé et Moscou entendent transformer les engagements pris lors des rencontres de haut niveau en actions concrètes et mesurables.
Reste à savoir si cette première session posera les bases d’un partenariat durable, capable de produire des résultats tangibles pour les populations des deux pays, dans un contexte international où le Togo affiche clairement son intention de rester maître de ses choix diplomatiques, sans s’enfermer dans une alliance unique.
















