Par René DOKOU, le 12 Juin 2025
(IMPARTIAL ACTU)- Le gouvernement a présenté, mercredi, les résultats de la revue du Plan sectoriel de l’éducation (PSE) portant sur les années 2023 et 2024. Cette évaluation annuelle a permis de dresser un bilan actualisé des efforts budgétaires consentis, des réalisations concrètes enregistrées et des défis majeurs auxquels le système éducatif reste confronté.
Des financements en hausse pour soutenir le secteur
En matière de financement, l’engagement de l’État s’est maintenu à un niveau élevé, traduisant la priorité accordée à l’éducation. En 2023, le secteur a bénéficié de 217,607 milliards de francs CFA, soit 13,83 % du budget national. En 2024, cette enveloppe a progressé pour atteindre 239,324 milliards, représentant 14,02 % du budget. Ces allocations ont été exécutées à hauteur de 95,15 % en 2023 et de 89,29 % en 2024, signe d’une gestion relativement efficace et d’une volonté d’atteindre les objectifs fixés.
Des infrastructures en expansion
Sur le plan des réalisations physiques, les chiffres sont parlants. Dans les cycles préscolaire, primaire et secondaire, 1 098 nouvelles salles de classe ont été construites, et 690 autres réhabilitées, améliorant ainsi les conditions d’apprentissage de milliers d’élèves à travers le pays.
Dans le domaine de l’enseignement technique et de la formation professionnelle, le gouvernement a mis en œuvre un programme ambitieux : 107 salles de classe ont été soit construites, soit rénovées, accompagnées de 49 ateliers techniques, 16 magasins, 3 salles informatiques et 60 dortoirs. Ces infrastructures visent à diversifier l’offre de formation et à rapprocher les jeunes des métiers porteurs. Le Centre de formation aux métiers de l’industrie (CFMI) a également été renforcé, afin de répondre aux besoins croissants en compétences techniques dans l’industrie.
Progrès dans l’enseignement supérieur
Le secteur de l’enseignement supérieur n’est pas en reste. Le bloc pédagogique de l’initiative WASCAL, spécialisé dans les sciences climatiques, a été inauguré, tandis que deux centres de recherche — le CERVIDA et le CERME — ont été construits, illustrant l’ambition de positionner le pays dans la recherche scientifique et l’innovation.
Des défis structurels à surmonter
Malgré ces avancées significatives, plusieurs défis subsistent. Le manque de capacités d’accueil reste une préoccupation, notamment dans les grandes agglomérations. La scolarisation des jeunes filles, bien qu’en progrès, nécessite des efforts ciblés pour réduire les disparités de genre. Dans la formation professionnelle, le déficit en infrastructures techniques (ateliers, équipements, salles spécialisées) freine l’expansion qualitative des filières. Enfin, l’enseignement supérieur subit une pression croissante, conséquence directe de l’augmentation des effectifs étudiants et des attentes sociales en matière d’insertion professionnelle.
Mobilisation des partenaires techniques et financiers
Face à ces enjeux, le gouvernement entend intensifier ses démarches auprès des partenaires techniques et financiers tels que l’AFD, la Banque mondiale, l’UNICEF, la KfW, l’Unesco, l’Union européenne, l’Allemagne ou encore la BID. L’objectif est de mobiliser davantage de ressources pour accompagner les réformes, renforcer les capacités nationales et garantir une éducation inclusive, équitable et de qualité.
Le cap reste clair : construire un système éducatif capable de former des citoyens compétents, autonomes et engagés dans le développement durable du pays. La revue 2023-2024 du PSE marque une étape importante sur ce chemin, en consolidant les acquis tout en mettant en lumière les zones à fort potentiel d’amélioration.
















