Par René DOKOU, le 1er Juillet 2025
(IMPARTIAL ACTU)- L’industrie togolaise du ciment amorce un tournant stratégique en matière de climat. Réunis ce lundi à Lomé, les principaux acteurs du secteur ont dévoilé une feuille de route ambitieuse pour réduire significativement leurs émissions de CO₂ d’ici à 2050. Deux leviers prioritaires structurent cette stratégie : la baisse du facteur clinker et l’usage accru de combustibles alternatifs.
Selon les professionnels, la réduction du facteur clinker – composant principal mais fortement émetteur du ciment – constitue le gisement majeur de décarbonation. La solution privilégiée repose sur l’adoption du ciment LC3, à base d’argile calcinée, capable de diminuer jusqu’à 40 % des émissions liées à la production tout en conservant ses qualités techniques. L’objectif affiché est de ramener la teneur en clinker de 65 % aujourd’hui à 40 % d’ici 2050.
En complément, les cimentiers comptent progressivement remplacer le charbon par des combustibles alternatifs, notamment issus de déchets agricoles et municipaux. Inspirée des pratiques européennes, cette approche pourrait à terme transformer la matrice énergétique du secteur togolais.
Les enjeux sont considérables. En 2023, la production de ciment destinée au marché local a généré environ 0,9 million de tonnes de CO₂. Sans action, ce volume pourrait atteindre 1,8 million de tonnes à l’horizon 2050, portée par la hausse continue de la demande.
Les industriels appellent à un partenariat renforcé avec les autorités publiques pour adapter les normes et le cadre réglementaire. Leur feuille de route, déjà soumise au gouvernement, s’inscrit pleinement dans les engagements climatiques du Togo au titre de l’Accord de Paris.
















