Par René DOKOU, le 05 Septembre 2025
(IMPARTIAL ACTU)- Le Togo vient de franchir une étape décisive dans la lutte contre le paludisme. Le jeudi 04 septembre 2025, à Sokodé, dans la région Centrale, le ministre de la Santé et de l’Hygiène publique, Prof. Tchin Darre, a officiellement lancé l’introduction du vaccin antipaludique R21/Matrix-M dans le Programme élargi de vaccination (PEV).
L’événement, tenu en présence de partenaires techniques et financiers, marque le début d’une nouvelle phase dans la stratégie nationale de lutte contre une maladie qui demeure l’une des principales causes de mortalité infantile dans le pays.
Un nouvel outil dans l’arsenal de prévention
Le paludisme reste une urgence sanitaire majeure au Togo. Malgré les efforts déployés ces dernières années distribution de moustiquaires imprégnées, chimioprévention saisonnière, amélioration de la prise en charge – la maladie continue de peser lourdement sur la santé publique. Elle représente 40 % des consultations externes, 25 % des hospitalisations et provoque les deux tiers des décès chez les enfants de moins de cinq ans.
Face à ce constat, les autorités ont choisi d’adopter une solution innovante : le vaccin R21/Matrix-M, recommandé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) après des essais concluants. Son intégration au calendrier vaccinal vient compléter les mesures déjà en place.
Modalités de la vaccination
Le vaccin est destiné aux enfants dès l’âge de cinq mois. Il sera administré dans tous les centres de santé du pays, en quatre doses : la première à 5 mois, la deuxième à 6 mois, la troisième à 7 mois et une dose de rappel à 15 mois. L’objectif fixé par le ministère est ambitieux : atteindre une couverture d’au moins 80 % pour la première dose et 70 % pour la quatrième.
« Cette introduction, réalisée simultanément sur l’ensemble du territoire, est une opportunité pour renforcer notre Programme élargi de vaccination et protéger davantage nos enfants », a déclaré le ministre Tchin Darre. Il a exhorté les parents à faire vacciner leurs enfants dès l’âge requis.
Soutien des partenaires internationaux
Pour mener à bien cette première campagne, le pays a reçu 325 800 doses, soit un investissement évalué à 1,354 million de dollars. L’OMS, l’UNICEF, GAVI et d’autres partenaires financiers ont apporté leur appui à cette initiative.
Le représentant de l’OMS au Togo, Hilaire Ouédraogo, a salué « un tournant important dans notre combat contre une maladie qui compromet la survie et l’avenir de tant d’enfants ». De son côté, l’UNICEF a qualifié l’événement de « victoire pour la survie et le bien-être des enfants togolais », insistant sur l’impact potentiel de cette vaccination dans la réduction de la mortalité infantile.
Un espoir pour les familles
Le vaccin R21/Matrix-M, déjà validé par l’OMS, sera progressivement déployé sur tout le territoire national. Pour de nombreuses familles, il représente un espoir inédit face à une maladie qui endeuille chaque année des milliers de foyers.
« Que cette nouvelle ère dans la lutte contre le paludisme nous ouvre la voie vers un avenir plus sain pour nos enfants et pour tout notre pays », a lancé le ministre Darre lors du lancement à Sokodé.
Le poids du paludisme au Togo
La charge du paludisme demeure considérable. Chaque année, la maladie touche particulièrement les enfants de moins de cinq ans, qui constituent un tiers des cas et plus de la moitié des hospitalisations graves. Elle continue de freiner les progrès en matière de santé et de développement.
C’est dans ce contexte que le vaccin apparaît comme une solution de rupture, capable de sauver des milliers de vies en complément des autres outils de prévention. Sa disponibilité dans tous les centres de santé offre aux familles une protection supplémentaire, intégrée dans les soins de routine.
Une étape régionale
Au-delà du Togo, cette introduction constitue aussi un signal fort pour les pays voisins confrontés au même défi. L’initiative togolaise pourrait inspirer d’autres nations de la région, renforçant ainsi la lutte collective contre une maladie qui reste endémique en Afrique subsaharienne.
Une bataille de longue haleine
Si le lancement du vaccin est accueilli avec enthousiasme, les autorités sanitaires rappellent que la victoire contre le paludisme passera par une combinaison d’efforts. La vaccination vient en appui aux autres stratégies, mais ne saurait se substituer aux gestes de prévention existants : l’utilisation de moustiquaires, le diagnostic précoce et l’accès rapide aux traitements efficaces.
En intégrant le R21/Matrix-M dans son programme national, le Togo ouvre une nouvelle page dans sa politique de santé publique. L’enjeu est clair : réduire significativement la mortalité infantile et donner aux générations futures la chance de grandir à l’abri d’une maladie qui a trop longtemps freiné leur avenir.
















