Par René DOKOU, le 09 2026
(IMPARTIAL ACTU)-L’Alliance nationale pour le changement (ANC) appelle le gouvernement togolais à aller bien au-delà de la récente libération partielle de prisonniers politiques. Dans un communiqué publié le 8 janvier 2026, le parti d’opposition réclame l’indemnisation et la prise en charge médicale de l’ensemble des détenus concernés, dénonçant des années de détention arbitraire aux conséquences humaines profondes.
L’ANC prend acte de la libération de plusieurs détenus politiques incarcérés dans les prisons du régime RPT/UNIR. Elle exprime sa solidarité avec ces « combattants de la liberté et de la démocratie », qui retrouvent leurs familles après parfois de longues années de captivité. Mais pour le parti dirigé par Jean-Pierre Fabre, cette mesure reste largement insuffisante.
Selon l’opposition, nombre de prisonniers libérés ont passé des années derrière les barreaux sans jugement, dans des conditions qualifiées d’inhumaines. Le communiqué évoque notamment le cas d’une militante, mère de cinq enfants, emprisonnée alors qu’elle allaitait un nourrisson et détenue durant six ans et trois mois sans inculpation formelle. D’autres détenus auraient subi jusqu’à huit années de détention, voire davantage.
L’ANC affirme que ces incarcérations prolongées ont causé de lourdes séquelles physiques et psychologiques. Le parti fait état de traumatismes liés à l’isolement carcéral, à la privation prolongée de liberté, ainsi qu’à des actes de torture, de violences, de harcèlement et d’humiliations. Autant d’éléments qui, selon lui, engagent directement la responsabilité de l’État.
« La libération ne suffit pas », martèle l’ANC, qui exige une prise en charge médicale complète de tous les détenus politiques, y compris ceux récemment libérés. Le parti demande également l’abandon de toutes les charges jugées « injustes et injustifiées », ainsi que la levée du contrôle judiciaire imposé à certains anciens prisonniers.
Au cœur des revendications figure la question de l’indemnisation. L’ANC réclame une réparation financière « conséquente », proportionnelle aux années de détention subies, afin de permettre aux victimes de se reconstruire et de se réinsérer socialement. Pour le parti, il s’agit d’un minimum face à des vies « brisées et sacrifiées ».
L’opposition dénonce par ailleurs une « libération sélective », alors que des organisations nationales et internationales de défense des droits humains, ainsi que des institutions telles que l’ONU, la CEDEAO et l’Union européenne, appellent à la libération sans condition de tous les prisonniers d’opinion.
Enfin, l’ANC réaffirme sa solidarité avec les détenus politiques toujours incarcérés et rend hommage à ceux morts en détention pour leurs convictions. Elle se dit déterminée à poursuivre la lutte aux côtés du peuple togolais pour l’avènement d’un véritable État de droit, fondé sur le respect des libertés et des principes démocratiques.
















