Par René DOKOU, le 26 Août 2025
(IMPARTIAL ACTU)- La dette publique. Le terme suscite souvent inquiétude et soupirs, comme si l’endettement d’un État équivalait à une faillite annoncée. Pourtant, l’histoire économique rappelle que, bien gérée, la dette n’est pas un gouffre sans fond, mais un instrument stratégique de développement.
Le Togo, à l’instar des grandes puissances, porte sa part d’engagements financiers. Mais loin d’être une fatalité, cet endettement se veut un levier, appuyé par des réformes structurantes et des politiques publiques orientées vers la soutenabilité.
La dette, un outil et non une condamnation
Des pays comme les États-Unis, la France, le Japon ou l’Allemagne affichent des taux d’endettement parfois supérieurs à 100 % de leur produit intérieur brut (PIB). Pourtant, ces nations demeurent parmi les plus dynamiques du monde. Ce constat illustre une logique économique simple : la dette, lorsqu’elle finance la croissance, modernise les infrastructures et garantit la continuité de l’action publique, devient un outil de prospérité plutôt qu’un fardeau.
Le cas togolais : des résultats encourageants
À la fin du premier semestre 2025, le Togo s’est distingué dans l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) en affichant la plus forte baisse de dette publique de la zone. L’encours de la dette s’établissait alors à 1 959,50 milliards de francs CFA, soit une réduction de 2,90 % par rapport à décembre 2024.
Une performance notable, quand d’autres pays de la sous-région ont vu leur dette croître. Le Sénégal a enregistré une hausse de 5,71 %, la Côte d’Ivoire de 1,46 %, le Bénin de 2,28 %. Seul le Niger, avec une baisse de 0,93 %, a également réduit son endettement, mais dans une proportion bien moindre.
Le recul togolais s’explique en grande partie par l’accélération des remboursements : entre janvier et juin 2025, 448,30 milliards de francs CFA ont été déboursés, contre 322,55 milliards un an plus tôt. Un signal fort qui rassure les partenaires techniques et financiers et améliore les conditions de financement du pays.
Entre prudence et ambition
Cette trajectoire repose sur une discipline budgétaire renforcée. L’État a rationalisé ses dépenses tout en intensifiant la mobilisation des ressources intérieures grâce à l’Office togolais des recettes (OTR). En 2024, l’OTR a collecté 1 098 milliards de francs CFA, soit une hausse de 10 % en un an, portée par la digitalisation, la transparence et une meilleure efficacité de l’administration fiscale. Pour 2025, l’objectif est fixé à environ 1 210 milliards.
Le gouvernement refuse la fuite en avant : la dette contractée sert prioritairement à financer des investissements porteurs — routes, énergie, numérique, santé, éducation. Autant de domaines capables de stimuler la croissance et de renforcer la résilience économique.
Des réformes saluées à l’international
Les efforts du Togo ne passent pas inaperçus. Le Fonds monétaire international (FMI), dans sa deuxième revue au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC) publiée fin juin 2025, a salué les progrès du pays. Avec une croissance économique robuste (+5,3 % en 2024, +5,2 % attendus en 2025) et une inflation contenue (2,6 % en avril), Lomé a amélioré son profil de risque.
Le FMI estime désormais que le Togo dispose d’une meilleure capacité de remboursement, ce qui a conduit à relever son seuil de soutenabilité de la dette de 55 % à 70 % du PIB. Une reconnaissance qui ouvre la voie à des financements plus favorables et réduit le poids du service de la dette.
Une promesse pour l’avenir
Loin de subir son endettement, le Togo le transforme en moteur de développement. La combinaison de rigueur budgétaire, de réformes structurelles et de choix stratégiques crédibles permet de bâtir un avenir plus solide.
En définitive, la dette togolaise n’est pas une condamnation. Elle est une promesse : celle de transformer un fardeau en opportunité, une charge en catalyseur de croissance, au bénéfice de toute la nation.
















