Par René DOKOU, le 28 Août 2025
(IMPARTIAL ACTU)- Un pas décisif vient d’être franchi dans la quête d’une meilleure intégration sanitaire en Afrique de l’Ouest. L’atelier régional pour l’élaboration de manuels de procédures harmonisés, destiné aux professionnels de santé des pays membres de la CEDEAO, s’est ouvert lundi 25 août 2025 à Abuja, au Nigeria. Organisée par l’Organisation Ouest Africaine de la Santé (OOAS), cette rencontre de cinq jours réunit près de 150 experts venus des quinze États membres et s’achèvera le 29 août.
L’objectif affiché est ambitieux : doter la région d’un manuel de procédures unique qui servira de référence commune pour l’exercice des professions de santé. Ce document permettra d’harmoniser les pratiques médicales et paramédicales dans l’espace communautaire, garantissant à la fois rigueur, cohérence et respect des normes établies.
Les manuels de procédures constituent en effet des outils incontournables dans les systèmes de santé modernes. Ils décrivent avec précision les étapes à suivre pour accomplir chaque tâche, depuis les soins de première ligne jusqu’aux interventions spécialisées. Leur rôle est double : assurer la sécurité des patients et renforcer la qualité des services fournis. En s’appuyant sur des directives claires et partagées, les professionnels de santé pourront améliorer leur efficacité tout en réduisant les risques d’erreurs ou de pratiques disparates d’un pays à l’autre.
Pour l’OOAS, l’enjeu dépasse la simple formalisation technique. Ces manuels harmonisés contribueront à une meilleure planification des ressources humaines en santé, un besoin pressant dans une région confrontée à une pénurie persistante de personnel qualifié. Ils permettront également une optimisation de l’utilisation des infrastructures, en facilitant la coordination entre les établissements et les pays voisins.
Mais l’impact le plus attendu reste lié à la mobilité des praticiens. En instaurant une base commune de pratiques et de normes, la CEDEAO ouvre la voie à une libre circulation plus effective des professionnels de santé dans son espace communautaire. Un infirmier formé à Dakar ou un médecin diplômé à Accra pourra ainsi exercer plus facilement à Bamako ou à Conakry, sans craindre des divergences de procédures.
Au terme de l’atelier, les recommandations formulées devraient déboucher sur la mise en place d’un manuel consensuel, appelé à devenir un outil stratégique pour l’amélioration durable des systèmes de santé en Afrique de l’Ouest. Une avancée qui pourrait, à terme, rapprocher encore davantage les États de la CEDEAO autour de l’idéal d’une communauté sanitaire solidaire et efficace.
















