Par René DOKOU, le 24 Octobre 2025
(IMPARTIAL ACTU)- Hier encore, se soigner au Togo relevait du parcours du combattant. Les infrastructures insuffisantes, le manque de personnel qualifié et l’inégalité d’accès aux soins faisaient du droit à la santé un privilège pour certains. Mais depuis quelques années, la donne change. Grâce à une volonté politique affirmée et à une planification rigoureuse, le pays se dote peu à peu d’un système de santé plus solide, plus inclusif et plus résilient.
Au cœur de cette mutation se trouve le Plan national de développement sanitaire (PNDS), un outil stratégique mis en œuvre par le gouvernement pour transformer en profondeur le secteur. Ce plan, d’un coût total de 1 065,666 milliards de francs CFA sur plusieurs années, vise à améliorer la qualité des soins, renforcer les infrastructures et garantir une couverture équitable à l’ensemble de la population.
Un plan structuré et ambitieux
Doté d’un budget annuel de 213,133 milliards de francs CFA, le PNDS s’articule autour de plusieurs priorités : renforcer les capacités du personnel médical, améliorer la gouvernance sanitaire et assurer la prise en charge de groupes vulnérables – mères, enfants, adolescents et personnes âgées. Il ambitionne également de doter le pays d’un système capable de répondre efficacement aux urgences de santé publique, notamment aux épidémies, tout en réduisant les inégalités territoriales.
Le plan ne se limite pas à la construction d’infrastructures ; il agit aussi sur les déterminants sociaux et environnementaux de la santé. Objectif : bâtir un système de santé résilient, durable et à la portée de tous.
Des résultats tangibles
Les effets des réformes commencent déjà à se faire sentir. Selon les chiffres officiels, le taux d’accessibilité aux soins est passé de 71 % en 2020 à 90,7 % en 2023. Une progression significative, soutenue par plusieurs programmes phares, dont le programme Wezou, qui offre une prise en charge gratuite ou subventionnée aux femmes enceintes et aux nouveau-nés.
Entre 2021 et 2024, plus de 600 000 bénéficiaires ont été recensés, totalisant 3,2 millions de prestations dans le cadre de ces initiatives. La santé maternelle et infantile, longtemps négligée, devient ainsi un pilier central des politiques publiques.
Des infrastructures modernisées
Pour soutenir cette dynamique, le gouvernement a engagé 40 milliards de francs CFA dans la construction et la réhabilitation des infrastructures sanitaires. 86 nouveaux bâtiments ont été érigés et 60 autres rénovés à travers le pays. À cela s’ajoute la construction de six hôpitaux mère-enfant, dont trois déjà opérationnels.
L’un des symboles forts de cette modernisation est sans conteste l’hôpital Dogta-Lafiè, inauguré à Agoè-Nyivé en 2023. Premier hôpital de référence du pays, il offre 160 lits, un plateau technique de pointe et a accueilli près de 80 000 patients dès sa première année d’ouverture. Ce centre incarne la nouvelle vision d’un système de santé togolais tourné vers la qualité et l’efficacité.
Des défis encore présents
Cependant, tout n’est pas gagné. Les zones rurales restent en retrait, avec des infrastructures parfois vétustes et un manque de personnel médical qualifié. Le PNDS entend combler ces écarts d’ici 2027, en investissant davantage dans l’équipement des centres périphériques et la formation du personnel.
Le défi est aussi financier : maintenir le rythme des investissements dans un contexte économique mondial incertain. Mais pour les autorités, l’enjeu en vaut la peine.
Un avenir plus serein pour la santé togolaise
En misant sur la planification, la modernisation et la proximité, le Togo trace la voie vers un système de santé plus juste et plus performant. Les progrès sont déjà visibles, et si la trajectoire se maintient, le pays pourrait bientôt offrir à chaque citoyen, où qu’il vive, la garantie d’un accès équitable à des soins de qualité.
Là où hier régnaient le doute et les difficultés, se dessine aujourd’hui une promesse : celle d’un Togo en meilleure santé, confiant en son avenir.
















