Restrictions de visas : Washington donne ses explications à Lomé

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Par René DOKOU, le 11 Juin 2025

(IMPARTIAL ACTU)- La récente décision des États-Unis de restreindre l’accès aux visas pour certains pays africains, dont le Togo, suscite de nombreuses interrogations. En réponse, l’ambassade américaine à Lomé est montée au créneau pour fournir des explications sur cette mesure jugée sévère par certains observateurs.

Le Togo placé en « catégorie 2 » par les États-Unis

Mercredi, Shannon Ritchie, directrice des Affaires publiques de l’ambassade, est intervenue sur les ondes d’une radio privée togolaise pour clarifier la position de Washington. Elle a indiqué que le Togo figurait désormais dans la « catégorie 2 » des pays à haut risque en matière migratoire. Cette classification résulte d’un taux élevé de dépassement de séjour parmi les ressortissants togolais bénéficiant de certains types de visas.

Des chiffres préoccupants

Les autorités américaines s’appuient sur un rapport du Département de la sécurité intérieure qui révèle que 19 % des détenteurs togolais de visas B-1/B-2 (destinés aux voyages d’affaires et de tourisme) ne respectent pas la durée légale de leur séjour. La situation est encore plus alarmante pour les étudiants et participants à des programmes d’échange culturel (visas F, M et J), dont 35 % dépassent la période autorisée.

« Ces taux sont parmi les plus élevés au monde. Ces individus enfreignent la loi américaine en ne respectant pas la réglementation sur les visas », a affirmé Mme Ritchie, soulignant les enjeux de sécurité nationale que cela représente pour les États-Unis.

Des exemptions prévues

Face à l’inquiétude grandissante au sein de la population togolaise, l’ambassade a tenu à rassurer : la mesure ne s’applique pas à tous les voyageurs. Plusieurs catégories restent exemptées des nouvelles restrictions :

Les diplomates et officiels du gouvernement,

Les conjoints, enfants et parents de citoyens américains,

Les enfants togolais adoptés par des familles américaines,

Les résidents permanents légaux (détenteurs de la carte verte),

Les anciens employés du gouvernement américain ayant droit à un visa spécial,

Les binationaux voyageant avec un passeport d’un pays non concerné par la mesure,

Les participants accrédités à des événements internationaux de grande envergure.

Une décision qui s’inscrit dans une logique sécuritaire

Un haut responsable de l’ambassade a rappelé que cette mesure n’est pas inédite et s’inscrit dans la continuité des politiques migratoires renforcées de l’administration Trump, notamment en ce qui concerne le respect des durées de séjour. « Chaque pays a droit au respect de ses frontières et de ses lois. Cette mesure légitime est en cohérence avec la politique migratoire américaine », a-t-il souligné.

L’ambassade appelle à une meilleure sensibilisation des voyageurs togolais sur leurs obligations en matière de visas. « Il est crucial que ceux qui souhaitent se rendre aux États-Unis comprennent l’importance du respect des conditions de séjour. Les conséquences de ces manquements affectent l’ensemble des demandeurs togolais », a insisté Mme Ritchie.

Un appel à la responsabilité individuelle
Si la décision américaine semble sévère, elle met surtout en lumière une problématique persistante : le manque d’information et parfois de responsabilité individuelle chez certains voyageurs. Les autorités togolaises sont désormais appelées à collaborer davantage avec Washington pour inverser cette tendance.

En attendant un éventuel assouplissement, de nombreux Togolais risquent de voir leurs demandes de visa suspendues ou refusées, à moins de remplir les critères d’exemption. Une situation qui pourrait avoir des répercussions sur les échanges économiques, éducatifs et culturels entre les deux pays.

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