Par René DOKOU, le 27 Octobre 2025
(IMPARTIAL ACTU)- Le sang, ressource vitale et irremplaçable, demeure au cœur des priorités sanitaires du Togo. Conscient des enjeux que représente une chaîne transfusionnelle fiable, le gouvernement a lancé en octobre 2025 la phase 3 du Programme national de renforcement du système de transfusion sanguine (PNRTS).
Cette nouvelle étape, soutenue par un engagement financier accru et une mobilisation institutionnelle renforcée, marque une avancée majeure vers une couverture transfusionnelle plus sûre, plus équitable et plus accessible.
Depuis son lancement en 2007, le PNRTS s’est imposé comme un pilier de la politique nationale de santé publique. À travers des phases successives, le programme a permis de structurer un réseau transfusionnel moderne, doté de capacités techniques améliorées et de ressources humaines formées. La phase 3 entend capitaliser sur ces acquis tout en consolidant les performances enregistrées au cours des quinze dernières années.
Un investissement public sans précédent
Le gouvernement togolais a considérablement renforcé son engagement financier dans le secteur. En l’espace de huit ans, le budget national dédié à la transfusion sanguine a été multiplié par 8,3, atteignant près de 800 millions de francs CFA dès 2014. Cet effort budgétaire a permis la construction et la réhabilitation d’infrastructures clés pour un montant de plus de 500 millions de francs CFA, ainsi que l’équipement modernisé de ces structures à hauteur de 750 millions.
Aujourd’hui, le pays compte six postes de collecte et de distribution, appuyés par des centres régionaux de transfusion sanguine modernisés, notamment au CHU Sylvanus Olympio de Lomé, à Kara, Sokodé et Dapaong. Ces investissements ont non seulement accru la capacité nationale de collecte et de traitement du sang, mais aussi amélioré la qualité et la sécurité des produits transfusionnels disponibles dans les hôpitaux.
La phase 3 mise sur la formation de plus de 300 agents de santé dans les régions Centrale et Kara. L’objectif : renforcer les compétences techniques et promouvoir les bonnes pratiques transfusionnelles. Un système d’hémovigilance renforcé vient compléter ce dispositif, garantissant une traçabilité complète du sang depuis le donneur jusqu’au patient.
Des résultats probants et une dynamique nationale soutenue
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Entre 2007 et 2014, le nombre de poches de sang qualifiées est passé de 21 000 à plus de 40 000. En 2024, la collecte nationale a franchi un nouveau cap avec plus de 70 000 poches, dépassant largement l’objectif initial de 50 000. Le premier trimestre 2024 a enregistré une hausse de 136 % par rapport à la même période en 2023 — un indicateur fort de la mobilisation croissante autour du don de sang.
Pour 2025, l’objectif est fixé à 52 000 poches dans les régions prioritaires, un défi ambitieux mais à la portée du système national renforcé. Ces avancées se traduisent par une amélioration tangible de l’accès à des produits sanguins sûrs pour les patients, notamment ceux nécessitant des transfusions régulières, comme les personnes atteintes de drépanocytose ou les victimes d’hémorragies obstétricales.
Un modèle de partenariat et d’engagement collectif
Le succès de cette politique repose sur une synergie entre acteurs publics et partenaires techniques. Le gouvernement travaille main dans la main avec la Croix-Rouge togolaise, l’Agence française de développement (AFD) et plusieurs organisations internationales pour garantir la pérennité du système. Ensemble, ils contribuent à renforcer la logistique, moderniser les laboratoires et promouvoir le don volontaire et régulier de sang.
Au-delà des infrastructures et des chiffres, cette démarche illustre la volonté politique du Togo de bâtir un système de santé résilient et équitable. Elle contribue à réduire les risques transfusionnels, à lutter contre les circuits informels et à renforcer la confiance des patients et du personnel médical dans la chaîne transfusionnelle nationale.
Donner son sang, un acte citoyen et vital
Si les progrès sont indéniables, les autorités rappellent que le succès durable du programme repose aussi sur la participation des citoyens. Le don de sang volontaire reste le maillon essentiel d’un système efficace. Chaque don sauve des vies, soutient les hôpitaux et incarne un geste de solidarité nationale.
À travers cette troisième phase, le Togo confirme son leadership régional en matière de santé transfusionnelle. Par des investissements soutenus, une gouvernance renforcée et un engagement collectif, le pays trace la voie d’un système de santé plus juste et plus sûr — au service de la vie.
















